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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 20:23

Nous voici enfin à Madère! (plus précisément à Porto Santo, l'île juste à côté de Madère)


Après être resté coincés trois jours à Gibraltar - trois jours de pluie qui plus est - nous avons fini par craquer et partir vers Madère mardi (29 septembre) matin, bien que la météo n'annonce pas un vent très fort. Au moins, elle ne prévoyait ni orage, ni tempête. A posteriori, on se demande si on ne serait pas arrivés plus tôt en ayant patienté plusieurs jours de plus à Gibraltar... Mais bon, en vrai on ne veut pas savoir.


Toujours est-il que nous avons mis sept longs jours pour faire les 570 miles (environ 1000 km) qui nous séparaient de Madère. Je vous laisse calculer la vitesse moyenne...


J1 (mardi, donc): le vent est bon et on avance bien. La nuit, on slalomme entre les filets dérivants des bateaux qui pêchent au large du Maroc, pêcheurs qui corsent le jeu en ayant leurs lumières verte/rouge inversées. Malgré cela nous nous en sortons bien et nous n'en heurtons presque aucun.
Il fait beau et le moral est très bon ("on a bien fait de partir, ils doivent encore avoir de la pluie à Gibraltar, ha ha")


J2 : le vent a faiblit, mais nous avançons toujours. Nous profitons du temps calme pour faire un exercice d'homme à la mer, avec la généreuse participatiopn de Wilson, le pare-battage. Malgré des manoeuvres au moteur un peu approximatives, surtout au premier essai, je suis fière d'annoncer que j'ai sauvé Wilson, deux fois.
Autres évènements notables: une baleine (ou autre grosse créature qui souffle de l'air) nous a accompagnés un petit moment, et on a pêché un poisson. Le moral est toujours bon.


J3: Le vent est complètement tombé, les voiles sont affalées et on a mis une toile pour nous protéger du soleil. On recule, car il y a du courant qui nous emmène vers le nord-est, à l'opposé de là où nous voulons aller.
Je sors alors mon téléphone magique qui donne la météo à sept jours, pour voir à quoi on peut s'attendre les prochains jours, et s'ils ne vaut pas mieux aller directement aux Canaries. Mais là, catastrophe, c'est impossible! J'avais envisagé la panne, la chute dans l'eau, l'absence de réseau... mais pas l'oubli du code PIN, qui m'a valu de bloquer la carte SIM. Eh oui, vous pensiez que ça n'arrivait jamais, Jeanne l'a fait. Il n'y a plus qu'à attendre Madère pour débloquer tout ça, et se contenter de la météo à deux jours de Météo France.
En attendant, le vent a repris, mais à ce rythme, on va mettre dix jours pour atteindre Madère.
Moral: proportionnel au vent, c'est à dire, faible.


J4 : L'absence de vent commence à avoir un effet fâcheux sur notre batterie, que le panneau solaire seul n'arrive pas à recharger. Du coup, plus question d'utiliser les ordinateurs pour autre chose que la lecture des cartes, plus de lumière la nuit pendant le quart, et l'électronique est réduite au strict minimum  (je n'ai plus le droit d'aller regarder le GPS toutes les cinq minutes pour savoir quelle distance nous sépare encore de Madère).
On se console en jouant au scrabble et en jetant de la nourriture aux deux poissons pilotes qui ont choisi notre bateau comme baleine d'adoption. Comme nous n'allons vraiment pas vite, ils n'ont aucune difficulté à faire des écarts pour attraper ce qu'on leur donne et revenir ensuite à l'étrave.
Le moral est un peu remonté avec le vent qui est certes faible, mais qui a le mérite d'exister.


J5: C'est la catastrophe. Le vent est (encore) tombé et n'arrive même pas à gonfler le spi, et il fait tellement chaud que nous renonçons à prendre l'apéro pour fêter la moitié du parcours, c'est dire.
Le moral est dans les chaussettes, d'ailleurs Axel recommence à parler de laisser tomber le bateau pour acheter un cheval, voire même de rentrer à Paris et de se remettre à SAP, ce qui montre bien la profondeur de son désespoir.


J6: on voulait du vent, on l'a eu. Le seul problème (eh oui, on n'est jamais contents) c'est qu'il nous arrive de face, ce qui fait qu'on est obligé de faire du près. Concrètement, ça se traduit par une inclinaison du bateau de 20 à 30° sur le côté, avec des mouvements désordonnées de bas en haut. Se tenir debout est impossible, pour être assis il faut déployer des trésors d'équilibre et se déplacer tient à la fois de l'escalade et du parcours d'obstacle. Quant à effectuer des opérations a priori simples comme faire la cuisine, s'habiller ou aller aux toilettes, cela relève de l'exploit. Nous avons donc passé la majeure partie de cette journée allongés, ce qui est un peu lassant à la longue. Du coup le moral n'est pas très bon, malgré le vent.


J7: même chose que J6, avec en plus de la pluie et du vent irrégulier. On en a marre, mon stock de romans policiers est en train de diminuer à vitesse grand V et Madère n'approche pas vite. Dire que les alizés portuguais étaient censés nous pousser tranquillement tout le long, c'est une belle arnaque...
Nous finissons par arriver ce matin après une nuit assez désagréable. Heureusement, il fait beau, les gens de la douane et de la marina sont sympas, et même nos voisins de pontons qui viennent aussi de Gibraltar et qui, eux, n'ont mis que quatre jour pour faire le trajet... Mais bon, l'important c'est d'être arrivés!



PS il y a plein de photos de nos escales espagnoles sur notre site, pour ceux qui ont encore du temps à perdre après cette longue note...

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commentaires

Gabriel 07/10/2009 20:28


L'humour est toujours là... Surtout à J5...


Antoine 07/10/2009 15:14


Salut les navigateurs !

Je viens de rattraper mon retard de lecture sur le blog, c'est super...
Mais refaire du SAP, vraiment ?

À+ !


Luc et Marine de Nimes 07/10/2009 14:13


Commentaire pratiquement en direct live c'est super. Merci en tous cas de nous faire partager votre aventure malgré les difficultés

Bon courage pour la suite
On vous suit

Luc Marine et Lilou de Nimes

PS au sujet des poissons qui semblent voler au dessus de l'eau. Ce sont souvent des sardines qui chassées et effrayées par les thons fuient et font des bonds hors de l'eau sur plusieurs métres.


Nicolas 07/10/2009 09:30


Eh beh... quelle épopée! Qui a dit que les vents n'étaient pas capricieux?
Bon courage pour la suite!!


Jean-Yves 06/10/2009 22:06


Merci de nous faire vivre votre aventure, c'est passionant, même à 6 km/h de moyenne (si mes calculs sont bons) ! Bon vent pour la suite, et doucement sur le madère , à bientôt.


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