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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 20:36

Entre Kourou et Saint-Laurent du Maroni

10-04-24 - manaAprès avoir découvert la région de Cayenne, nous avons parcouru - toujours grâce à Chantal et Paulo - le nord-ouest de la Guyane, jusqu'à Saint-Laurent du Maroni.

La route (car il n'y en a qu'une, coincée entre la forêt et la côte) traverse de la forêt dense et des zones un peu plus défrichées, où on voit parfois sur le bord de la route des tas de boîtes aux lettres rouillées qui indiquent la présence d'une piste et d'un groupe de maison. Autre signe de la présence d'habitations, il y a fréquemment sur le bas côté des étals - de la simple planche surmontée d'un auvent de palmiers à la cabane avec des murs - où les habitants proposent à la vente le produit de leur terrain: courges, manioc, patates douces, ponch maison...

10-04-24 - peinturesAu hasard des arrêts nous découvrons les villages de la campagne guyanaise. Maisons en bois, en tôle ou crépies, toits en feuilles de palmier, fenêtre à croisillons, pilotis, rue de sable ou goudronnées... les villages changent de physionomie avec le type des habitants: Hmong, Noirs, Amérindiens. Cependant on y trouve généralement trois points communs: une rivière bordée de végétation luxuriante, une église au toit de tôle, et une supérette, plus couramment appelée "chinois" d'après ceux qui la tiennent.

Quelques images de ce parcours sur la route entre Kourou et Saint-Laurent: des belles peintures sur bois dans une église décorée par un ancien bagnard, une ancienne léproserie où des maisons restaurées abritent quelques familles au milieu des ruines, le sinistre camp de la transportation à Saint-Laurent où les détenus étaient rassemblés à leur arrivée en Guyane, un bateau échoué transformé en île de verdure sur le Maroni... sans oublier les gendarmes qui contrôlent l'identité des voyageurs à Iracoubo, en rangers et mini-shorts moulants très seyants (et au vu de la chaleur, probablement plus confortables qu'un pantalon).


Les tortues

10-04-24 - tortue nuitNous nous sommes arrêtés pour la nuit à la pointe nord-ouest de la Guyane, près de la plage des Hattes, réputée pour l'importante population de tortues marines qui vient y pondre.
Après nos précédents échecs en matière d'observation de tortues, nous avons cette fois décidé de ne pas nous limiter aux heures du jour, et nous sommes donc allés nous promener de nuit avec une lampe de poche.

Mais l'observation des tortues de nuit, c'est technique: il ne faut jamais éclairer la tête des tortues, ne pas prendre de photos au flash avant qu'elles aient commencé à pondre (et seulement par derrière), ne pas les éclairer quand elles reviennent vers la mer, et de manière générale, utiliser le moins possible la lumière de nos lampe, sous peine de risquer de les désorienter et de les empêcher de retourner à la mer.
Ces recommandations en tête, nous voici donc partis, par une nuit sans lune, à essayer de distinguer dans le sable mou des tas sombres qui pourraient être des tortues sur leur nid, et dans le sable dur des traces qui pourraient être le trajet d'une tortue récemment sortie de l'eau; tout en allumant de temps en temps la lampe lorsqu'un tas sombre ou des traces nous paraissent suffisamment convaincants.

Après avoir passé quelque temps à déambuler sur la plage, nous les avons vues, tarata tsoin tsoin! Et plusieurs d'entre elles qui plus est: "petites" (pas plus de 1m de long) tortues vertes qui s'enfuyaient à notre approche, et une grosse tortue luth, bien plus paisible, que nous avons repérée au moment où elle finissait de creuser son nid.
10-04-24 - tortue jourNous avons passé un long moment assis dans le sable à observer cette montagne sombre d'où on voyait tomber les oeufs un à un, ronds et blancs. Imperturbable malgré son public et malgré les volontaires du parc naturel qui sont venus l'identifier et la mesurer, la tortue a tranquillement fini sa ponte, elle a rebouché son trou, brassé le sable pour cacher l'endroit exact de son nid, puis elle est repartie péniblement vers la mer et a disparu dans l'eau noire.

Moins fantasmagorique mais plus photogénique, une tortue attardée le lendemain matin m'a permis (le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt) de voir la tortue-luth dans son ensemble et pas seulement son arrière-train à la lueur d'une lampe de poche. Je peux donc confirmer que c'est vraiment une bête impressionnante, avec ses grandes nageoires, sa carapace bleue marine et son bec au bout de la tête ridée. Ca valait le coup de mettre le réveil.


Les îles du Salut

10-04-24 - iles salutNotre dernière étape en Guyane a été aux îles du Salut, juste en face de Kourou.
L'aura sinistre qui entoure ce nom (c'est là que se trouvaient le bagne le plus connu de Guyane, qui a "accueilli", entre autres, Dreyfus) ne se retrouve pas sur les îles. A première vue, il s'agit de trois gros cailloux couverts de végétation luxuriante, avec des dizaines de cocotiers penchés sur l'eau (presque) bleue. Si on cherche bien, on trouve des bâtiments plus ou moins restaurés, à la fonction assez floue - il n'y a pas de panneaux et on a ratée la visite guidée de la journée.
En fait, le véritable intérêt de cette visite est la balade dans la forêt, magnifique, où on croise de nombreux animaux: agoutis, oiseaux divers, singes.

Axel en a aussi profité pour faire le plein de noix de coco. Depuis qu'il a découvert que même les noix pas fraîches peuvent contenir de l'eau et de la coprah, il ramasse toute noix pas trop moisie qu'il peut trouver, et le nombre de cocotiers qui poussent sur les îles du Salut laissaient augurer d'une récolte exceptionnelle. Hélas, les agoutis, ces rongeurs qui paraissaient si mignons, ont le même centre d'intérêt et il a été difficile de trouver des noix de coco qu'ils n'aient pas ouvertes. Malgré ces "sales bestioles" (elles ne sont plus si sympa finalement) Axel a fait un petit stock qui nous a fourni un peu de frais pendant la traversée jusqu'aux Antilles.

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