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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 14:03

Nous voici donc de retour à bon port. Après quelques milliers de miles parcourus je vous propose un petit bilan technique, des choses qui nous ont servies, de celles qu'on aurait bien voulu avoir, et des trucs qu'on avait emmenés, et qui ne nous ont pas été très utiles ! En gros c'est ce qu'on aurait bien voulu lire avant de partir.

 

1) Ce qui nous a servi :

 

10-08-21 - merveilleAvant toute chose, on avait un bateau qui avait été fiabilisé au cours des années lors des croisières estivales en famille. De toute cette année, nous n'avons cassé qu'une drisse de génois au Brésil et le hale bas de grand voile un peu avant les Açores. Même si Coyotico a des défauts, notamment son incapacité à faire du près dans le petit clapot, on a vraiment apprécié sa robustesse, son volume intérieur, et sa facilité de manœuvre.

 

Le détecteur de radar nous a permis de passer de longues nuits sereines dès qu'on avait quitté les plateaux continentaux et leurs lots de pêcheurs. Ce petit boîtier qui ne consomme presque rien nous avertit par une alarme bien sonore dès qu'un cargo, un bateau de pêche, ou n'importe quoi avec un radar allumé passe dans un rayon de 5 à 10 M. Comme au large tout le monde (à l'exception des plaisanciers, rares) a un radar allumé en permanence, on peut rester au chaud dans le bateau.

 

10-08-21 - panneausolaireNotre éolienne et notre petit panneau solaire nous ont permis d'avoir les batteries du bord chargées en permanence, sans avoir à mettre en route le moteur. L'inconvénient d'une éolienne, c'est qu'elle ne débite pas lorsque le vent apparent est inférieur à 3 beaufort. Si c'était à refaire, on embarquerait plusieurs m² de panneaux solaires supplémentaires, sur un portique à l'arrière du bateau. On ajouterait également une ou deux batteries de service (on n'en n'avait qu'une) pour pouvoir utiliser les ordinateurs du bord sans arrière pensée. Dans le même esprit, on remplacerait toutes les ampoules néon et feux de position par des LED qui consomment nettement moins.

 

10-08-21 - regulateurLa quasi intégralité de notre voyage s'est faite sous régulateur d'allure. C'est un système fiable et robuste, simple, donc -super important- réparable avec les moyens du bord, ce qui n'est pas le cas des pilotes électroniques. La panne qui revient le plus souvent chez les «tourdumondistes » que nous avons croisés est liée à leur pilote électrique : électronique, vérins, qu'ils soient sur secteur ou extérieurs, lâchent à tour de rôle et sans prévenir. Et il est impossible de trouver les pièces localement.

 

Ce n'était pas prévu initialement, mais nous sommes partis avec un téléphone satellite qui s'est avéré bien pratique pour récupérer la météo (grib.us) lorsqu'on a quitté les alizés, et également pour prévenir nos proches lors des longues traversées. Le coût de l'appareil neuf est prohibitif, mais le forfait 1 an 500mn revient quasiment au même prix qu'un portable métropolitain. Il faut donc revendre le téléphone au retour !

 

Nous avons mis longtemps à faire réparer le petit HB 2CV de notre annexe. On a ramé des Baléares à Salvador, en passant par Gibraltar et les Canaries. C'est tout à fait faisable. Néanmoins, on était content que notre moteur soit réparé pour les mouillages souvent ventés des antilles. Une bonne annexe rigide avec dame de nage doit pouvoir pallier avantageusement et à moindre coût à un moteur HB. Sans compter les risques de vol qui sont sensiblement diminués. Pour rappel, on nous a fauché notre hélice à Lisbone, donc depuis on rame à nouveau.

 

10-08-21 - minuteurOn était contents de pouvoir compter sur notre ancre CQR et ses cinquante mètres de chaîne, en particulier dans les mouillages des îles de l'Atlantique, où les fonds tombent brusquement, et dans les fleuves tropicaux où ils sont de mauvaise tenue. Ainsi équipés, on a l'esprit plus tranquille quand on laisse le bateau au mouillage quelques jours.

 

Enfin, pour finir avec le matériel indispensable, le minuteur de cuisine. A bord, il sert à tout. Pour la cuisine bien sûr, mais aussi lorsqu'on doit faire des quarts : 15 minutes de sommeil avant le bip bip fatidique. Lorsqu'un cargo se présente à l'horizon, quand on débranche le détecteur radar le temps que le cargo s'en aille, alors on met le minuteur à sonner pour être sûr qu'on ne se rendorme pas pendant ce temps, au cas où il faudrait corriger la route. Ou bien toutes les deux heures dans la pétole pour vérifier qu'on ne fait pas trop d'erreurs de cap sous régulateur d'allure. Bref on ne partirait plus sans !

 

2) Ce qu'on avait emporté et qui ne s'est pas avéré très utile

 

10-08-21 - bluNous avions également emporté une BLU pour capter la météo. Si on a capté RFI jusqu'au cap vert, les ondes sont restées muettes au Brésil et pendant la traversée de retour. Le signal est souvent brouillé, plein d'interférences, et est sensible aux conditions météo. Par contre, lorsqu'on recommence à capter, c'est chouette de pouvoir écouter des radios françaises. Et c'est gratuit, contrairement au satellite !

 

Nos vestes de quart on passé beaucoup de temps dans la penderie. On ne les a vraiment utilisées que pour manoeuvrer lors de la traversée Açores-Lisbone. Le reste du temps, un t-shirt suffisait. Et pendant les averses tropicales, on sortait le bon vieux ciré Cotten, autrement plus étanche que n'importe quel « tissu technique », a mon avis de vastes arnaques. On navigue en effet différemment au long cours et sur un weekend : en voyage, quand il fait mauvais, on ne sort que pour manoeuvrer, sinon on est bien au chaud dans le carré !

 

On avait à bord un petit frigo 12/220V qu'on n'a jamais utilisé, à cause de sa consommation électrique. On vit très bien sans, même si on a souvent regretté de ne pas avoir de bière fraîche à bord ! Les fruits et légumes, même sous les tropiques se conservent très bien dans un tiroir aéré, les yaourts 2 jours, même à 38°. Le fromage (sec hein, pas du chèvre frais) se garde sans soucis une ou deux semaines, même s'il devient un peu huileux sur la fin. Seule la viande se conserve mal. Mais on a fait quelques conserves maisons, et on a acheté de la viande séchée qui se garde très bien.

 

3) Ce qu'on n'avait pas et qu'on aurait bien aimé avoir

 

10-08-21 - biminiLes bateaux de nos amis qui avaient un cockpit long et profond, avec une table nous ont souvent fait rêver... Le cockpit extrèmement réduit de Coyotico (1m x 50cm x 30cm) permet de s'assoir pour lire, mais il est impossible d'écrire, de dessiner, où de travailler un peu longtemps sur les ordinateurs à cause de l'absence de table. Je ne parle même pas de quand on a des invités à bord !

 

Pour continuer sur le cockpit, on a installé, pendant toute la période où on était sous les tropiques, un petit bimini, qui nous a permis de passer du temps dehors, en mer, et à l'ombre. Et, parce qu'on n'était plus obligés de se terrer dans le carré de 9H à 17H, ça nous a changé la vie !

 

10-08-21 - manoeuvres avantPendant les longues traversées, j'ai souvent rêvé d'un peit autoradio qui nous aurait permis d'écouter des MP3 sans vider la batterie du bord, et avec un son de meilleure qualité que sur les ordinateurs. On commence quand même à être dans le détail et le superflu !

 

Le bateau n'a pas d'enrouleur de génois, et parfois, dans les conditions changeantes de l'Atlantique nord, on aurait bien aimé ne pas trop aller se faire tremper sur la plage avant avec des voiles gorgées d'eau à changer. Mais bon, on vit quand même bien sans. Et les voiles à endrailler ont quand même un plus joli profil que les enrouleurs.

 

 

Pour conclure, je dirais que le bateau idéal n'existe pas. Par contre, certains aspects sont plus importants que d'autres. Parmi les critères importants, je citerai notamment la robustesse, la fiabilité, et aussi la facilité de nettoyage ! Nous n'avons pas eu à courir après les fournisseurs et à passer notre temps en bricolages divers et variés. Nos escales ont donc été de vraies escales et on a pu passer du temps à explorer ces nouveaux horizons. C'était un vraiment un super voyage !

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commentaires

anna Dupuis de Kisiel 28/08/2010 16:36



Bravo pour les commentaires Axel et bienvenue en France !


Le Coyotico est un très bon bateau, brave et solide sans tralala. 


Cela doit vous faire bizarre d'être de retour après  un  si beau voyage.


 


je t'embrasse bien fort et un grand bonjour à Jeanne.


Anna



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