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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 13:51

En venant à Morro São Paulo, "célèbre au niveau international", comme le dit notre guide du littoral de Bahia, nous pensions découvrir la vie d'une ville balnéaire brésilienne.


2009-12-24 - pirogueMais lorsque nous avons remonté l'estuaire dont le village de Morro São Paulo est l'entrée, nous avons avons découvert un monde complètement différent: la vie de la rivière.
On navigue entre des rives couvertes de mangroves et de cocotiers, en essayant d'éviter les bancs de sable qui affleurent à marée basse et les bouées des pêcheurs. On croise des bateaux de toutes formes et de toutes tailles, depuis la pirogue qui transporte aussi bien le pêcheur et ses filets que toute la famille avec le chien, jusqu'au bateau "bus" qui emmène passagers et marchandises d'un village à l'autre, en passant par le petit bateau rapide qui porte une croix rouge et l'inscription "ambulança".
De temps en temps, on aperçoit sur une colline une grande église qui surplombe un village, petites maisons perdues dans la verdure et groupées autour du ponton. Car le ponton, seul point de contact avec l'extérieur, semble être le centre de la vie du village: c'est là où les gens se regroupent, là où se trouvent les bars et de là que part la rue principale.


2009-12-24 - cairuGaleão est un de ces petits villages, avec quelques maisons et deux petits bars sur le bord de l'eau, des chemins qui abandonnent les pavés pour le sable au bout de 50 mètres, deux églises, un centre d'alphabétisation des pêcheurs et des slogans révolutionnaires sur la fresque qui orne la place principale. Les maisons sont toutes petites, peintes de couleurs vives, et chacune a une cage à oiseaux accrochée à l'entrée. Il y a des arbres fruitiers un peu partout: dans les verger, autour des maisons, sur le bord du chemin. A part les bateaux il n'y a pas de véhicules à moteur, les gens se déplacent pied nus ou un tongs et on a l'impression d'avoir fait un saut dans le temps.
Plus en amont, Cairu est le centre administratif des îles de l'estuaire. La ville est nettement plus grande que Galeão: presque toutes les rues sont pavées et en plus d'un grand couvent et d'une église, souvenirs de la colonisation, on y trouve une mairie, un collège, une bibliothèque, un terrain de basket et une piscine, et même un bureau des témoins de Jéhovah, qui cohabite avec l'église et le temple. Malgré tout Cairu garde une ambiance tranquille de gros village, qui vit au rythme des bateaux qui vont et viennent à son ponton, où l'herbe pousse entre les pavés et où le soir, tout est tellement silencieux qu'on entend du mouillage les cris des enfants qui jouent dehors.


2009-12-24 - morrosaopauloLe contraste est saisissant quand on arrive à Morro São Paulo, village-vacances version tropicale avec plages (cinq), cocotiers, touristes en maillot de bain et boutiques de souvenirs.
Il faut reconnaître que l'architecture est plutôt réussie, et il y a quelques détails sympathiques - les rues de sable où ne circulent que des brouettes, seul moyen de transport des bagages des touristes et de l'approvisionnement des magasins et restaurants, les hamacs pendus dans les cours des pousadas, les rues étroites envahies par la végétation - mais l'impression qui domine est celle d'être dans une usine à touristes, où chaque maison abrite un restaurant, un hôtel, ou bien une agence qui propose des excursions en bateau, et où les plages sont envahies par les parasols et les odeurs de friture.

Heureusement, nous avions fait notre pause "plage et cocotiers" à la Punta do Curral, non loin de là. C'est une petite langue de sable couverte de cocotiers, où les touristes se font parfois déposer en bateau pour une demi-heure de baignade, mais où la plupart du temps la seule animation vient du chien de la plantation de cocotiers.
Nous n'avons donc fait qu'une très courte pause à Morro São Paulo, avant d'aller à 40 miles plus au sud, dans la baie de Camamu.

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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 10:20

09-12-17 - itaparicaItaparica, située sur l'île du même nom, est une ville qui a dû être peuplée un jour, avec des rues larges et des grandes maisons, mais qui semble maintenant à moitié endormie. Le tour du centre-ville nous amène successivement et en environ dix minutes au fort, à la plage où une buvette sert des coquillages pleins de sable, à la place du marché avec ses trois cafés, et à la place de l'église. On rencontre peu de gens, les bars sont quasiment vides et la plage serait déserte s'il n'y avait pas les pêcheurs qui vont relever leurs casiers ou qui reviennent avec leurs poissons. Tout semble aller au ralenti. Il y a peu de magasins et les principales activités semblent être d'aller chercher de l'eau à la fontaine d'eau minérale, pêcher, se baigner, et regarder le temps passer, si possible à l'ombre.
Dans notre optique "à Rome fait comme les romains", nous avons essayé de nous mettre au rythme de l'endroit. Notre temps a donc été réparti entre les baignades (indispensables pour se rafraîchir), la sieste, et quelques balades à terre.


09-12-17 - annexeAprès quelques jours consacrés activement à ne rien faire, nous avons levé l'ancre pour aller la jeter une dizaine de miles plus loin, après avoir slalommé entre les bancs de sable et les îles couvertes de cocotiers qui encombrent le canal qui se trouve entre l'île d'Itaparica et la terre.
Notre nouveau mouillage se trouvait en face d'une petite île, au niveau d'une fontaine naturelle. A ma grande déception nous n'avons pas pu nous y doucher (notre guide était un peu mensonger sur ce point), le petit filet d'eau nous a tout juste permis de nous rafraîchir et de mouiller nos chapeaux.
Nous avons passé un jour à cet endroit, suffisant pour explorer la forêt qui couvre l'île et les petites mangroves qui la bordent. Nous y avons dérangé des chauve-souris et différentes sortes de crabes, des gros rouges et des tout petits jaunes avec une énorme pince. Par contre nous n'avons pas beaucoup perturbé les coquillages, bien qu'Axel ait creusé d'innombrables trous dans l'espoir de se faire un repas avec sa récolte.


Notre prochaine étape est Morro São Paulo. Tous ceux qui nous en ont parlé nous en ont dit le plus grand bien, il paraît que c'est magnifique (toujours dans le genre "plage et cocotiers") et que beaucoup de bahianais y vont pour leurs vacances ou le week-end. On espère donc y trouver un peu plus d'animation qu'à Itaparica...

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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 15:23

Après ces quelques mois de navigation et maintenant que nous sommes arrivés au Brésil qui était notre première grande étape, nous avons fait le point sur la suite du programme de navigation. Les principales conclusions sont les suivantes:
- le premier plan, qui était de naviguer jusqu'au sud de l'Amérique du Sud, n'est pas praticable, du moins pas avec le ratio temps aux escales/temps en mer que nous avons adopté jusqu'à présent (et qui, il faut le dire, nous convient très bien à tous les deux), ni avec une équipière qui n'a le pied marin que par beau temps et mer très calme.
- La navigation le long des côtes du Brésil vers le sud (jusqu'à Rio de Janeiro par exemple) est limitée par le régime des vents et des courants, qui nous empêche de repartir vers le nord avant le mois de mai, ce qui serait trop tard pour revenir en Europe avant septembre par la route des Antilles-Bermudes-Açores. Notre zone de navigation est donc limitée au sud par Salvador de Bahia.

09-12-12 - palmierLe nouveau programme (jusqu'au prochain changement...) est donc le suivant:
- jusqu'à mi-janvier nous allons rester dans la région de Salvador de Bahia. Un peu de cabotage dans la Baie de Tous les Saints et sur la côte au sud de Salvador, une petite visite de l'intérieur des terre devraient nous occuper pas mal de temps.
- le 19 janvier nous laisserons le bateau dans une marina de Salvador pour prendre l'avion pour l'Argentine, où nous devrions passer environ un mois avant de revenir par bus jusqu'à Salvador.
- fin février, nous quitterons l'état de Bahia pour remonter les côtes du Brésil vers le nord, en direction des Antilles. Après quelques escales non encore déterminées, nous devrions arriver à la Barbade courant ou fin avril.
- le mois de mai sera consacré à l'exploration des Antilles, puis il faudra repartir vers les Açores, que nous devrions atteindre fin juin (eh oui, c'est long).
- Pour finir, le chemin classique : Açores - peut-être quelques escales au Portugal - Gibraltar - Espagne - Baléares - Bandol.

Et ensuite, il faudra se réhabituer à la vie à terre, retrouver du boulot, remettre des gros pulls... Mais on n'y pense pas encore!

 

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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 14:53

pelourinhoA Salvador de Bahia nous avons fait un peu de tourisme et beaucoup de shopping.

Dans le Pelourinho (nom du vieux centre touristique qui se trouve dans la partie haute de la ville), nous avons vu les maisons colorées de l'époque coloniale, les rues pavées, les églises baroques plus ou moins délabrées et les places bordées de boutiques de souvenirs. Le quartier est très joli, mais c'est un peu frustrant de devoir se limiter aux rues fréquentées par les touristes et surveillées par la police. Il faut dire que dès qu'on s'éloigne un peu des axes principaux les rues deviennent bien moins engageantes et on sent bien qu'il vaut mieux ne pas tenter le diable en voulant sortir des sentiers battus.


Du coup, il est bien plus agréable de se balader dans la ville basse, toujours pleine de gens et d'animation. C'est le quartier des affaires, et si les bâtiments (grands immeubles de bureaux et parkings géants) sont bien moins jolis que dans le Pelourinho, il y a beaucoup plus de choses à voir, à commencer par tous les petits commerces qui occupent la plupart des trottoirs. Petits étals (pour les mieux équipés) ou tas de marchandises à même le sol, on peut faire quasiment toutes ses courses sans rentrer dans un magasin: nourriture et boissons, vêtements et chaussures, DVD et CD (piratés), accessoires de téléphones portables, piles, cigarettes... Sous divers prétextes (il nous faut des fruits, et si on achetait des noix de cajou, et puis j'ai besoin d'une jupe) nous avons parcouru à peu près toutes les rues du quartier, à la recherche des produits les plus bizarres. La palme revient aux infirmier(es) assis à côté d'une petite table et qui proposent au passant de prendre sa tension et son taux de glycémie, mais le carton plein de saucisses en sachet trouvé au coin d'une rue était également assez surprenant.
Toujours sur le thème du shopping, et pour compléter notre exploration du commerce local, nous sommes aussi allés dans un centre commercial (qui l'eut cru, aller dans un centre commercial pour se balader), mais la visite a été assez décevante; mis à part les noms des marques présentes et le nombre (pléthorique) de vendeurs dans chaque magasin on aurait pu s'imaginer revenus en Europe.


processionAvant de repartir nous avons pu assister à la fête de la Vierge, célébrée le 8 décembre par une messe dite sur une grande estrade en plein air et une procession de l'enfant Jésus, de Joseph et de Marie. Si les gens n'avaient pas l'air si religieux (ils chantaient tous les hymnes avec les haut-parleurs, et Marie était suivie d'une foule compacte) on pourrait croire qu'il ne s'agit que d'un prétexte pour faire la fête. En effet, les gens portant des panneaux avec des citations de la bible et ceux qui suivent la procession cohabitent sans problème apparent avec les vendeurs de bière (nombreux) et les stands de roulette, de loto et de tir à la carabine. Et une fois la procession terminée, l'ambiance vire franchement à la fête, avec musique à fond (difficile à confondre avec des chants religieux), danse pas vraiment chaste et bière coulant à flot.


Après toute cette animation nous avons quitté la marina de Salvador pour aller se balader dans les mouillages plus paisibles de la Bahia de todos os Santos - la baie qui baigne Salvador de Bahia.
Nous sommes actuellement à Itaparica, une île à environ 15 miles de Salvador - c'est dire si on bouge beaucoup...

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 22:02

A Salvador nous avons mené une étude approfondie des différences d'apparence entre les touristes et les locaux, afin de s'intégrer le mieux possible dans la population locale.

La première différence, et à peu près irréductible, est la couleur de peau. En effet, Salvador de Bahia est la ville du Brésil qui a la plus grande proportion de population d'origine africaine, et les bahianais ont à peu près toutes les nuances de peau, du café au lait au chocolat noir. Par contre, la nuance rose-coup de soleil, si répandue parmi les touristes, est complètement absente.
L'autre critère sur lequel on ne peut pas se tromper est, sans surprise, la manière de s'habiller. Le touriste porte des affaires confortables, adaptées à la chaleur: short ou jupe et T-shirt ou débardeur, un sac à dos, un chapeau, des lunettes de soleil. Le bahianais porte lui aussi un short, mais il a plus souvent un débardeur et s'il a parfois une casquette il ne porte quasiment jamais de lunettes de soleil. Quant à la bahianaise, elle porte souvent un débardeur et un jean moulant, ou éventuellement elle fait parfois une concession à la chaleur en coupant le jean au-dessus du genou.


Mais admettons qu'on soit très bien déguisé (auto-bronzant à fond et vêtements locaux, sauf pour le jean parce qu'il fait vraiment trop chaud), il y a encore quelques subtilités qui pourraient nous trahir et auxquelles il faut faire bien attention:
Tout d'abord, ne pas oublier de mettre des tongs, les sandales confortables étant caractéristiques du touriste qui prévoit de longues heures de déambulations dans la vieille ville. Idéalement, ce sera des havaianas, les célèbres tongs locales, mais une vieille paire apportée de France fait aussi l'affaire.
Ensuite, comme dans tout endroit un peu fréquenté, faire quelques repérages pour éviter les restaurants à touristes. On s'est fait avoir le premier jour, et on a payé environ deux fois plus cher que dans des endroits plus discrets à moins de 100 m (sans parler de la différence de qualité et de quantité). Bien sûr, tout bahianais qui se respecte aurait évité l'endroit.
Lorsque vient l'heure de l'apéro, surtout, ne pas tomber dans le piège de la caïpirinha. Eh oui, cela a beau être (en théorie) la boisson brésilienne par excellence, les seuls qu'on a vu en boire étaient des touristes. Le bahianais, lui, boit de la bière, et de préférence dans des bouteilles de 600mL.
Enfin, il faut savoir que les bahianais ont un sens du rythme très développé et si on veut vraiment ressembler à un local il faut pouvoir faire quelques pas de danse - sans même s'arrêter de marcher - lorsque l'on passe à portée d'oreille d'une musique de samba. Et là, c'est pas gagné...


Nous ne sommes pas encore au point sur un certain nombre de ces critères, mais il y a quand même un moment où on se sent vraiment intégrés dans la vie de Salvador, où on partage la vie des Bahianais: c'est en traversant les rues, généralement dépourvues de feux et de passages piétons. Alors on sent bien qu'on partage tous le même stress en essayant de trouver un intervalle suffisant dans le flot de voitures qui arrivent à toute allure...

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 13:06

Suite aux nombreuses demandes d'une foule enthousiaste, voici une petite note "technique" sur notre traversée de l'Atlantique entre Gibraltar et Salvador de Bahia.


Pour les non initiés, et afin de démystifier la chose, l'idée générale consiste à s'éloigner un peu de la côte du Maroc en allant vers l'ouest pendant quelques jours. Ensuite, faire du sud jusqu'à rencontrer des orages (c'est le pot au noir). Quand les orages sont finis, faire du sud ouest pour arriver au Brésil. Et voilà, ça y est, vous y êtes, vous pouvez enfin siroter votre Caipinrinha à une terrasse ensoleillée. La réalité est à peine différente de ces quelques lignes, mais je vais quand même essayer de détailler.


L'océan Atlantique n'est pas très fréquenté, mais ce serait quand même dommage de se faire couler par un cargo. A l'approche des côtes, il faut veiller attentivement, en particulier à cause des  pêcheurs qui sont mal ou pas éclairés. Nous avons toujours dormi l'esprit tranquille au large grâce à notre détecteur de radar Mer-Veille qui nous a bien aidé en buzzant (fortement) à l'approche de tout navire possédant un radar. En pratique ça veut dire tout le monde à l'exception des pêcheurs qui ne naviguent qu'à la journée.


L'eau


En ce qui concerne la consommation d'eau douce, elle a été tout à fait réduite. En terme de boisson,  nous avons consommé environ 20L par semaine à  nous deux sous les tropiques. Ca ne fait jamais que 1,5L par jour et par personne. Cette eau était celle du réseau en Espagne, à Madère et aux Canaries. Depuis le Cap Vert, on achète des bidons de 5L, pour plus de sécurité. Pour faire cuire le riz et les pâtes, ainsi que pour l'eau bouillie (on boit exeptionnelement un thé ou un café), on utilise l'eau des soutes, qui est remplie aux robinets de nos diverses escales. On n'a jamais eu le moindre souci jusqu'à présent. Pour la cuisson, on ajoute environ 1/4 d'eau de mer qui apporte le sel, et sans doute quelques oligo éléments. Au delà, ça devient vraiment très salé ! Pour la vaiselle, on a toujours fait la vaiselle à l'eau de mer en rinçant ensuite à l'eau douce. Pour une vaiselle normale on consomme environ 0,75L d'eau douce. Après il y a un peu d'eau utilisée pour se brosser les dents et faire sa toilette. On utilise aussi l'eau des soutes pour se doucher quand il fait beau, chaud et que ça ne secoue pas trop ! Sachant qu'on a 200L d'eau dans nos réservoir et plus de 150 L en bidons, en utilisant l'eau avec parcimonie, on a une belle autonomie.


Le fioul


Pour rester sur les liquides, parlons du fioul. Entre Gibraltar et Salvador, on n'a fait que les entrées/sorties de port au moteur, à quelques exceptions près, et nous sommes arrivés à Bahia avec le réservoir et les bidons de réserve complets. Le moteur est surtout pratique pour se dégager de la côte la nuit, et éviter de veiller en stressant. On s'en est servi à La Gomera aux Canaries, et sous le vent de l'île de Brava au Cap Vert.


Les batteries


On a une consommation électrique assez faible. Seul le GPS est branché en permanence. On allume le PC une fois par jour pendant 10 minutes au large, pour se faire plaisir en calculant nos moyennes et le temps qu'il nous reste. En pratique on pourrait se contenter de l'allumer juste à l'arrivée, mais  on aime bien faire des statistiques ! Comme on vit avec le soleil, on utilise assez peu l'éclairage du bord pour nos lectures. Peut être une heure par jour. Pour les feux de position, on utilise un feu de tête de mât LED blanc à 360° . Ce n'est pas très légal, mais on est sûr que tout le monde nous voit. De plus par rapport à un cargo qui file à 25 noeuds, nous sommes quasimment immobiles. Si jamais un bateau s'approche sans qu'on ait réussi à déterminer sa trajectoire et qu'on estime qu'il y a un risque, alors on allume nos feux réglementaires verts, rouges et blancs. Mais bon, vu le monde de bateaux croisés hors d'Europe, on n'a pas eu à trop stresser de ce point de vue.


Au sujet de la navigation


On avait les routières au format papier : de Lisbonne à Freetown, puis de Recife à Dakar. Pour les arrivées, on avait la cartographie électronique détaillée sur le PC, ce qui est extrêmement pratique. Le seul inconvénient c'est que ça consomme de la batterie.


Concernant les voiles, on a fait à peu près 70% de la traversée avec le génois lourd arisé. Pour la grande voile, on ajustait avec 1 ou 2 ris, ou même sans grande voile quand on était dans les alizés de Nord Est. On n'a pas sorti le génois léger depuis Madère. Dans les Alizés de NE on oscille entre grand largue et vent arrière, et on gardait le génois tangonné et une retenue de bôme dans la grande voile. Après le pot au noir, on passe travers, c'est moins confortable, mais les moyennes journalières sont toujours aussi bonnes.


On a toujours récupéré la météo en fichiers gribs aux escales. Comme dans les alizés le temps ne change pas trop, on ne s'est pas vraiment préoccupés de la récupérer, à l'exception d'avant la traversée du pot au noir, pour choisir le meilleur endroit où passer. On a en fait mis un peu d'Est dans notre Sud après Mindelo, mais c'était surtout pour ne pas être trop près du vent arrivés dans les alizés de SE.

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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 13:14

Notre premier contact a été avec les fonctionnaires de diverses administrations, puisqu'à chaque fois que nous arrivons dans un port il y a des formalités à (re)faire. En l'occurrence nous nous sommes aperçus que malgré la quantité de papiers remplis à Fernando de Noronha, nous n'avions pas fait toutes les démarches pour l'entrée au Brésil. Nous avons donc passé notre première journée à parcourir la ville, en allant (dans l'ordre):
1. au centre de santé des voyageurs, qui a certifié que nous n'avions pas la gale et que nous avions le droit de débarquer (ouf)
2. à la police fédérale, qui a pris le papier fait à Fernando de Noronha et nous en a donné un autre à la place (où il y a indiqué, parmi le nombre de passagers, de membres d'équipage et autres passagers, le nombre de clandestins à bord!)
3. à la douane, qui a dit que tout avait été fait à Fernando de Noronha et que nous n'avions donc aucun formulaire supplémentaire à remplir (incroyable)
4. à la capitainerie du port de Bahia, qui a examiné toute la paperasse qu'on leur amenait et a déclaré qu'il manquait un papier, celui de la douane (on aurait dû s'en douter, pas de papier à faire à la douane ce n'était pas crédible)
5. à nouveau à la douane, où finalement ils nous ont fait remplir quatre formulaires en deux exemplaires chacun (il leur a donc fallu écrire les quatre prénoms d'Axel huit fois, les pauvres)
6. et enfin à la capitainerie, qui a photocopié notre tas de papiers (de plus en plus gros) et a apporté sa contribution (finale, heureusement) en ajoutant le permis de naviguer. Avec ça on devrait pouvoir naviguer dans les eaux brésiliennes sans trop de difficultés.


Une fois les formalités accomplies, nous nous sommes empressés de nous immerger dans la culture locale. La première étape a été l'achat d'une noix de coco: voir le vendeur ouvrir le fruit à la machette, siroter à la paille l'eau de coco bien fraîche, puis manger la pulpe (après quelques manips supplémentaires à la machette), c'est un peu comme voir un panneau qui dit "ça y est, vous êtes arrivés sous les tropiques".
La deuxième étape a été la recherche d'un endroit pour boire une caïpirinha (eh oui, encore de l'alcool). Le moment était bien choisi car justement le soir de notre arrivée il y avait dans le Pelourinhô (la vieille ville de Salvador) des concerts de samba pour fêter Noël. C'est donc sur une place du quartier historique, au son de la samba, que nous avons dégusté notre première caïpirinha.

Malheureusement, nous n'avons pas profité de la fête jusqu'au bout, car malgré l'arrivée progressive qui devait (en théorie) nous épargner le décalage horaire, nous ne sommes pas encore bien adaptés aux horaires bahianais. Nous sommes encore sur le rythme de la traversée où nous vivions avec le soleil, ce qui donne ici: lever 5h30 et coucher 18h30. Du coup la matinée est longue jusqu'à l'heure du repas, et le soir à partir de 20h30 on commence à penser à aller au lit... Quand on sait que les bahianais se couchent les soirs de week-end vers 3-4h (on les a bien entendu de notre couchette, la nuit dernière) il y a encore de l'ajustement à faire...

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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 12:30

Fernando de Noronha était notre point d'entrée au Brésil, nous avons donc passé quelques heures à la capitainerie du petit port de Santo Antonio pour obtenir tous les papiers qui nous permettraient de circuler sans trop de soucis sur l'île et dans le reste du Brésil.
Il y a eu les reçus des taxes perçues par le parc naturel (environ 3/4 d'heure pour calculer le montant, taper et imprimer trois reçus en deux exemplaires chacun), puis il a fallu attendre la policia federal qui s'est aimablement déplacée jusqu'à la capitainerie pour s'occuper de nos cartes d'entrée dans le territoire et des papiers d'entrée et de sortie du port. En attendant, nous avons laborieusement papoté moitié en français moitié en portugais avec la police militaire (c'est d'ailleurs la première fois que j'ai vu écrit "police" sur un T-shirt accompagné d'un short), mais notre vocabulaire limité et notre méconnaissance des temps autres que le présent a rendu la discussion un peu difficile. Après environ une heure et demie d'attente on avait abandonné la conversation et la policia federal a fini par arriver (vu que l'île fait environ 10 km de long sur 4 de large, ils devaient avoir des gros problèmes à régler avant de venir nous voir), et nous avons donc rempli le reste des papiers.
Puis, toutes formalités accomplies, nous sommes partis à la découverte de l'île, ou du moins la partie autorisée, car comme c'est un parc naturel une bonne partie des sentiers n'est accessible que si on prend un guide.
 

Fernando de Noronha est réputé pour ses plages paradisiaques, sa faune et sa flore.
Les plages sont telles que décrites dans les dépliants publicitaires: sable blanc et mer bleue, sans constructions ni surpopulation pour gâcher le tableau. Nous avons parcouru à peu près toutes les plages de l'île accessibles (car non, nous n'avons pas lézardé sur ces plages paradisiaques toute la journée même si c'était très tentant.) et nous n'avons rencontré que quelques surfeurs et autres baigneurs, et une ou deux personnes dans des hamacs à l'ombre.
La flore est plus décevante puisque nous n'avons pas vu grand chose à part des arbustes rabougris, des lianes qui envahissent les arbustes en question, et quelques cocotiers pour bien montrer qu'on était sous les tropiques.
Par contre, la faune est effectivement très riche: à terre des varans de komodo et des marmottes (à moins que ce ne soient leurs lointains cousins, à vrai dire on ne les a vu que de loin, mais les lézards étaient vraiment énoormes); dans les airs plein d'oiseaux de tailles diverses, généralement blanc, noir, marron ou dans une combinaison de ces trois couleurs.
En ce qui concerne la faune sous-marine, nous n'avons pas opté pour le mode de découverte privilégié qui est de se faire traîner avec masque et tuba derrière un petit bateau à moteur mais nous avons quand même pu voir plein de poissons rayés, des gris moins exotiques et un un gros rond qui ressemblait à un poisson perroquet. Et même une tortue de mer, qui est venue nous voir au moment où on essayait de remonter l'ancre, qui s'était traîtreusement coincée sous un rocher et refusait de quitter Fernando de Noronha.


La traversée jusqu'à Bahia a beaucoup ressemblé à celle depuis le Cap Vert: lecture - studieuses cette fois, pour arriver un peu renseigné en Amérique du Sud -, mal de mer et pêche - la principal prise étant un gros poisson que nous avons identifié comme un barracuda, qui a commencé à sentir très fort très rapidement et dont nous avons jeté une partie. Il nous reste à goûter les filets salés et séchés qu'Axel a préparés, d'ailleurs si quelqu'un sait comment on cuisine du poisson séché on est intéressé! On a encore un bout de dorade dur comme du bois qui traîne dans le bateau depuis les Canaries, il faut vraiment qu'on s'en débarrasse. Axel veut le manger mais j'ai comme des doutes...

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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 19:24

Je profite de cette escale à Fernando de Noronha pour faire une petite note sur nos découvertes culinaires au Cap Vert.

A part les bananes il y avait très peu de fruits au marché de Mindelo, par contre nous y avons trouvé deux nouveaux légumes, l'igname et le manioc:

Je ne me rappelle plus lequel est lequel, mais je ne doute pas que nos lecteurs spécialistes en botanique sauront nous éclairer. Nous, on les appelle le long mince et le gros poilu, et c'est ce dernier qui a eu notre préférence, l'autre étant un peu trop filandreux à notre goût. C'est une alternative pas désagréable à la pomme de terre, mais avec moins de goût que la patate douce.


Les autres spécialités du Cap Vert que nous avons eu l'occasion de goûter sont leur fromage, sorte de fêta qui résiste étonamment bien à la chaleur, sans ramollir ni rendre de jus (très utile vu les températures qu'il fait), et le grogue, qui est leur rhum local. Acheté au marché de Mindelo dans une bouteille de Martini recyclée, il ne payait pas de mine mais s'est révélé très parfumé et plutôt bon. D'ailleurs vous pouvez constater sur la photo que le niveau a bien baissé depuis le Cap Vert...

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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 19:02

Nous voici (enfin) arrivés (depuis hier, précisément) à Fernando de Noronha, archipel au Nord-Est du Brésil et première étape de notre visite de l'hémisphère sud.
Car ça y est, nous avons traversé l'équateur! Le passage de cette ligne mythique (qui ne change cependant pas fondamentalement le paysage) a eu lieu le 21 novembre peu après le lever du soleil, mais nous ne l'avons fêté que le lendemain à cause de la houle un peu trop marquée pour prendre l'apéro sereinement (surtout de mon côté).


Eh oui la longueur de la traversée ne me dispense pas des soucis du mal de mer, qui est variable selon les jours (et la hauteur des vagues) mais ne disparaît jamais vraiment. C'est donc encore une fois Axel qui s'est occupé des manoeuvres et de la cuisine, même si j'ai (héroïquement) fait la vaisselle plusieurs fois.


Ce phénomène n'a pas été arrangé par les températures étouffantes qu'on a eues tout au long de la traversée: nous avons découvert la chaleur de l'équateur, celle qui oblige à faire la sieste entre midi et la fin de l'après-midi, qui fait tourner le lait UHT dans la journée et qui pose le dilemme suivant: chaleur torride sur le pont, ou chaleur moite dans la couchette? Bref nous avons pensé avec émotion à la pluie et aux températures du mois de novembre à Paris, il y a des jours où on aurait presque fait l'échange.


Côté navigation, les alizés du nord-est nous ont accompagnés pendant les cinq premiers jours de la traversée, et nous n'avons eu que deux jours d'interruption avant de retrouver les alizés du sud-est. Le fameux pot-au-noir s'est avéré moins problématique que prévu puisque nous n'avons pas eu de calmes plats, seulement beaucoup de grosses averses (les premières depuis Gibraltar!), des éclairs d'altitude et du vent plus irrégulier que sous les alizés. Rien d'insurmontable donc, au contraire cela nous a fait apporté un peu de fraîcheur et des réserves d'eau douce supplémentaire.


Côté activités, Axel a continué la pêche et ses expérimentations culinaires, ainsi il y a des filets de poisson salés qui se baladent dans le cockpit en fonction de l'ensoleillement et des assiettes pleines de bouts de bananes qui apparaissent au gré du mûrissement du régime acheté au Cap Vert. Il a également testé la recette de la marinade de filets de poisson dans du citron, ce qui a été une grande réussite.
La pêche a été moins fructueuse puisque hormis quelques prises au début de la traversée tous les poissons pêchés avaient des curieuses boursouflures blanches dans leurs filets et on a préféré les rejeter à l'eau. On a fini par arrêter la pêche et on a s'est contentés de maquereaux et de thon en boîte, c'est moins exotique mais plus sûr.

A part ça, la majeure partie de nos journées hors sieste et repas a été consacré à la lecture et au cinéma (petit format), sauf quand un évènement inhabituel rompait la routine (par exemple, le passage d'un cargo de conteneurs non loin de nous nous a bien occupés une bonne demi-heure). Nous avons également bien avancé dans nos leçons de portugais (me chamo jeanne, aqui tem meu pasaporte, não tenho nada a declarar. Por favor, pode me dizer onde fica o cibercafe mais perto?).


Malgré toutes ces activités variées et passionnantes, nous avons attendu avec impatience l'apparition de l'archipel de Fernando de Noronha, qui ne sera malheureusement qu'une courte escale avant de repartir vers le continent et plus précidément Salvador de Bahia. En effet, les taxes journalières de séjour et de mouillage sur l'île sont telles que nous prévoyons de repartir dès ce soir.
Courage, il ne reste plus que 600 miles avant Bahia!

 

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