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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 23:07

Deux semaines après le retour, il est temps de conclure ce blog.

Tout d'abord, merci à tous ceux qui nous ont lu, ceux qui ont mis des commentaires mais aussi les lecteurs silencieux qui ont contribué à faire augmenter le "blog rank", statistique tout à fait inutile mais néanmoins suivie avec attention par la responsable communication... C'est encore mieux de voyager quand on a l'impression de partager l'expérience!

Je dis bien voyager et non "partir en vacances". Notre périple a été (injustement!) assimilé à des grandes vacances mais le voyage au long cours est bien différent du tourisme intensif que nous avions pu pratiquer auparavant. Le rapport au temps change complètement : plutôt que d'accumuler les visites on prend le temps de s'imprégner de l'atmosphère de chaque escale. En faisant les marchés et en papotant avec les vendeurs des magasins, en flanant dans les rues et en regardant les gens depuis la terrasse d'un café on se sent bien mieux immergés dans la vie locale qu'en courant les musées.

Depuis deux semaines, bien sûr, nous avons quitté ce rythme tranquille du voyage en bateau pour retrouver le rythme (comparativement) frénétique de la vie à terre. Sans compter qu'il faut se réhabituer à dormir sous une couverture, mettre les pieds dans des chaussures fermées et fréquenter des visages pâles...
Mais bon, nous ne nous laissons pas abattre et bien qu'on nous ait parfois prédit un retour difficile ("vous allez voir, ça va être horrible"), nous restons optimistes et nous n'avons pas encore entamé le stock d'anti-dépresseurs emportés dans la pharmacie de bord en cas de gros coup de blues. Après tout, trouver un nouveau boulot, emmenager dans une nouvelle ville, construire une nouvelle vie, c'est une autre aventure...

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 14:03

10-08-31 - arrivee cap vert

1 – Meilleure traversée

A : Traversée aller de l'Atlantique, au portant, dans les alizés.

J : Guadeloupe – Açores : allure confortable, batterie chargée à bloc et bonne bouffe.


2 – Meilleur souvenir de traversée

A : En arrivant au Cap Vert avec le génois lourd tangonné, parce qu'on allait vite!

J : Le plancton phosphorescent qui met des étoiles dans le sillage du bateau par les nuits sans lune. (et aussi, les dauphins qui jouent autour de l'étrave).


3 – Pire traversée

A : Retour entre Gibraltar et Bandol : pétole ou près et du clapot.

J : Açores-Lisbonne : du près, du près, encore du près!


4 – Meilleur endroit

A : Dans un mouillage, avec une eau chaude, transparente, des cocotiers, et un beau coucher de soleil !

J : Le cockpit de Coyotico : chez nous, terrasse avec vue...


10-08-31 - noixdecoco5 – Meilleure découverte gastronomique

A : Coco seco (parce qu'on peut la ramasser sans avoir à grimper en haut du cocotier).

J : La noix de coco fraîche et le jus d'açai (parmi plein d'autres!).


6 – Le truc le plus infâme qu'on ait mangé

A : Je n'ai pas souvenir de spécialité particulièrement infectes, en général je ne garde que les bons souvenirs !

J : Le cajou!!


7 – Meilleure noix de coco

A : Au Brésil, après une longue balade dans le Pelourinho.

J : Celles ouvertes sur le bateau au milieu d'une traversée (et aussi, la première en arrivant à Salvador).


8 – Meilleur apéro

A : A chaque fois qu'on a trouvé des gens rigolo pour le partager avec nous.

J : Une caïpirinha dans le Pelourinho, un soir de samba.


10-08-31 - torres del paine9 – Meilleure balade

A : Torres del Paine

J : Le W!

 

10 – Meilleurs douaniers

A : A Kourou celui qui nous a dit de nous acheter un fusil pour traverser les eaux surinamaises.

J : En Guyane, ils nous racontaient leurs missions dans la mangrove à la chasse au trafiquant.


11 – Pires douaniers

A : Ceux qui nous renvoient à l'autre bout de la ville alors qu'on croyait avoir rempli tous les papiers.

J : Au Brésil, où il fallait remplir des tonnes de papiers en douze milles exemplaires, qu'ils photocopiaient ensuite (ça fait beaucoup de papier...).


12 – Meilleure surprise

A : Que notre couple ait survécu à notre aventure malgré la promiscuité.

J : L'intimité ne tue pas le couple!


13 – Plus grosse déception

A : Il n'y avait pas de singes au Brésil.

J : El Chaltén: le « paradis des randonneurs » est un village franchement moche où les nuages ont une fâcheuse tendance à masquer le paysage.


10-08-31 - jaime quand ca penche14 – Plus grosse dispute

A : on ne s'est jamais vraiment disputés en bateau. Mais maintenant on n'est pas d'accord sur l'endroit où on aimerait s'installer...

J : une grande question existentielle : est-ce qu'une amande, c'est gras?


15 – Plus grosse frayeur

A : Quand je me suis endormi pendant mon quart en arrivant aux Canaries et que j'ai vu un cargo nous foncer dessus en me réveillant.

J : Irrationnelle : quand le bateau gite à plus de 20° ; (plus ou moins) justifiée : les trombes et les orages entre les Baléares et Alicante ; démesurée : quand on a cru que l'éolienne était tombée en panne (le drame).


10-08-31 - tobago cays16 – Meilleur mouillage

A : A chaque fois qu'on arrive après une traversée longue et/ou difficile, avec cocotiers et eau transparente. Les Tobago Cays méritent quand même le détour !

J : En face du monastère de São Francisco do Paraguaçu; sur le Guadiana; aux Tobago Cays.


17 – Pire mouillage

A : Fernando de Noronha, parce qu'on a coincé notre ancre par quinze mètres de fond et avec des rouleaux.

J : Aucun, quand c'était nul on s'en allait.


18 – Meilleur port

A : Il n'y a pas de meilleur port, il n'y a que des meilleurs mouillages (et s'il faut en citer un : Horta, parce qu'on peut mouiller dans le port...).

J : Salvador, on y a croisé plein de gens sympa.


19 – Pire port

A : Portimão et tous les ports qui croient que parce qu'on fait de la voile on a un budget illimité.

J : Portimão! Cher, snob, et loin de tout.


20 – Plus beau paysage

A : La remontée du rio de Camamu, et dans un style différent, le Torres del Paine.

J : Choix difficile! Torres del Paine, le Teide aux Canaries, la Chapada Diamantina.


10-08-31 - ponte tortue21 – Meilleur moment

A : Regarder les étoiles de l'hémisphère sud pendant les navigations au sud de l'Equateur, pendant que le bateau trace dans les alizés.

J : La première douche après chaque traversée. Et aussi: voir la ponte des tortues en Guyane, boire un jus de fruit sous nos premiers cocotiers sur une plage de Fernando de Noronha, prendre une leçon de tango à Buenos Aires...


22 – Pire moment

A : A chaque fois qu'il a fallu réparer le moteur (heureusement pas très souvent).

J : Traversée Baléares Alicante, où je me suis dit que j'avais fait une grave erreur en m'embarquant dans cette galère. Et de manière générale, les trois premiers jours de chaque traversée...


23 – Ce qu'on sera content de retrouver

A : Une douche chaude tous les jours.

J : En plus de la famille et des amis :

- une vraie salle de bain (surtout depuis que les toilettes sont cassées et qu'il nous faut utiliser le seau, système très efficace mais non sans quelques menus inconvénients)

- un vrai lit double

- ma carte bleue (depuis qu'on me l'a piratée entre la Guadeloupe et les Açores, je me fais entretenir... Cool mais pas toujours très pratique!).


10-08-31 - cest la belle vie24 – Ce qui va nous manquer

A : Se réveiller chaque matin dans un endroit différent et paradisiaque.

J : Ne pas mettre de réveil, prendre l'apéro le soir en arrivant dans un joli mouillage, la liberté d'aller où on a envie, le temps...


25 – Ce qui ne nous manquera pas

A : Tirer des bords au près et veiller toute la nuit à cause des pêcheurs quand on arrive près des côtes.

J : Le mal de mer!


26 – Rencontre la plus mémorable

A : Tous les gens qu'on a croisés étaient mémorables et ça fait partie du plaisir du voyage de pouvoir échanger et partager.

J : Flavien le psychopathe qui nous a raconté comment il a lancé des cocktails molotov sur les gars qui essayaient de le pirater au large de Trinidad et Tobago. Et plein d'autres : les Français fous du Cap Vert, Josh le psychiatre alpiniste, Bob le belge blasé...


27 – Où sont les plus jolies filles et les plus jolis garçons

A : Plus jolies filles : Espagne. Pour les beaux gosses, je ne regarde pas trop, mais après myself of course, je dirais peut être les argentins.

J : En Argentine, c'est là qu'ils/elles sont les plus élégant(e)s.


28 – Ce qu'on regrette de ne pas avoir fait

A : Pas grand chose à part une nuit en forêt en Guyane. J'ajouterais également l'achat d'un chapeau de cow-boy brésilien à Salvador.

J : L'île de Santo Antão au Cap Vert, Flores aux Açores, la dernière partie du W, plus de dessins. (mais globalement, c'était quand même pas mal).


29 – Ce qu'on regrette d'avoir fait

A : Pas grand chose.

J : Rien!


30 – Plus gros problème de communication

A : Avec les douaniers de Salvador.

J : A la radio quand on me répond « shcrrshrrschrr » alors que je demande s'il y a de la place dans le port.


31 – Plus mauvaise surprise chez le/la coéquipier(e)

A : Elle n'a jamais voulu apprendre à naviguer.

J : Sa mauvaise humeur (vraiment incompréhensible!) quand il faut sortir régler/réparer le régulateur d'allure, de nuit et sous la pluie.


 32 – Meilleure surprise chez le/la coéquipier(e)

A : Elle est quand même restée...

10-08-31 - arrivee bandolJ : Ses compétences de skipper-garde-malade-cuisinier, tout en même temps!


 33 – Ce dont on est le moins fier

A : Ne pas avoir réussi à réparer le moteur à Salvador alors que je savais comment m'y prendre (en théorie).

J : Mes progrès (quasi nuls) en navigation.


34 – Ce dont on est le plus fier

A : Avoir réussi à ramener le bateau à bon port sans casse majeure, et qu'on soit restés ensemble.

J : Être partie, et avoir tenu le blog (à peu près) régulièrement.

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 08:48

Le voyage de Coyotico c'est :

 

monnaies- 346 jours de voyage dont 102 nuits au port, 125 au mouillage et 119 en mer;

- plus de 12 000 miles parcourus en bateau (et quelques milliers de kilomètres supplémentaires en avion, bus, voiture, scooter, train, à cheval et à pied... il ne nous manque que le parapente, la montgolfière et le sous-marin).

- 9 pays et 7 monnaies différentes.

- 11 600 photos (avant tri) soit environ 27 Go – « seulement » 1229 photos ont été publiées sur notre site, imaginez à quoi vous avez échappé...

- 120 notes de blog (et pas loin de 47 500 mots!).

 

 

 

stock bouteillesEt en vrac, quelques autres chiffres également passionnants :

- 370 : heures de navigation au moteur (dont 180 en Méditerranée, où vu la densité du trafic il est franchement déconseillé de faire du sur-place en attendant que le vent se lève).

- 3 : vidanges du moteur du bateau (dont 2 en Méditerranée).

- 41 : jours (parmi ceux où nous étions au mouillage) où nous avons pu profiter d'un moteur d'annexe en état de fonctionner (il a donc fallu ramer les 84 jours restants).

- 26 : durée (en jours) de la traversée la plus longue, entre la Guadeloupe et les Açores.

- 140 : cartes postales envoyées (chiffres approximatif).

- 33 : litres d'alcools divers rapportés à bord de Coyotico (dont la moitié environ de rhum). On a un peu stressé quand un hélicoptère de la douane nous a survolés juste avant l'arrivée à Bandol, mais en fait ce n'est pas tant que ça: on a croisé des gens qui avaient acheté 50L de rhum au Cap Vert!

- 44 : jours où nous n'avons pas dormi sur Coyotico (principalement en Argentine, mais aussi 2 jours à Madère et 1 en Guyane).

 

brouillons

- 32 : pages de brouillon pour faire la dizaine de dessins du blog.

- 744 : plus haut score au Scrabble, cumulé à deux. Les longues soirées de navigation nous ont permis de perfectionner notre technique...

 

 

Certains ont demandé à connaître aussi le nombre de vraies douches prises par l'équipage pendant l'année, mais cette donnée est classée secret défense et ne sera donc pas dévoilée. Mais pas d'inquiétude, depuis notre retour nous nous réhabituons doucement à une fréquence de visites à la salle de bain un peu plus adaptée au monde civilisé (on ne sait jamais, ça pourrait nous faire du mal).

 

 

Et puis les chiffres ça sert aussi à compter les euros, et en bonne contrôleuse de gestion (il faut que je peaufine dès maintenant mon argumentaire d'entretien d'embauche) j'ai construit un fichier Excel très perfectionné pour gérer notre argent, avec suivi de nos dépenses par catégorie et par escale, prévisions, re-prévisions, objectifs, et bien sûr plein de magnifiques diagrammes : camemberts, histogrammes, et j'en passe.

 

L'utilité d'un suivi aussi précis a été contesté par une partie de l'équipage, mais maintenant je peux vous présenter nos dépenses de façon extrêmement précise. En pratique je pense que le détail qui suit a surtout de l'intérêt pour un éventuel candidat au départ, mais sait-on jamais, il y en aura peut-être un qui tombera sur cette note au hasard d'une recherche google! En tout cas, comme Axel pour le côté technique c'est le type d'infos qui m'aurait bien intéressée avant de partir...

 

Nos dépenses courantes (entre le départ et le retour à Bandol, donc sans inclure la préparation du bateau, les assurances et autres frais de préparatifs) ont été d'un peu plus de 20 € par jour et par personne, réparties comme suit :

cammenbert-copie-1

 

Quelques détails pour éclairer un peu ces chiffres :

Le plus gros poste de dépense est sans surprise l'alimentation, dont environ 30% pour la part « restaurant ». Ce dernier chiffre est assez élevé à cause de notre mois en Argentine mais aussi parce qu'au Brésil manger dans un restaurant au kilo revient moins cher que d'acheter sa nourriture en supermarché – nous avons cuisiné pendant toutes les autres escales.

Le poste "taxes et frais de port" recouvre pour 90% le coût des marinas (pour nos 102 nuits de port), les taxes dans les pays que nous avons visités étant faibles ou nulles.

La catégorie nommée "bateau" est un fourre-tout où j'ai mis tout ce qui est lié au fonctionnement du bateau, depuis le petit matériel jusqu'aux guides en passant par la facture du mécano. Mais comme on n'a eu que très peu de soucis techniques les dépenses ont été limitées et l'essentiel (60%) est pour le carburant.

La catégorie loisirs est également assez diverse, mais la plus grosse part est dédiée aux visites (musées, parcs naturels, etc), aux livres et magazines, et aux occasionnels cafés, jus de fruits ou bières (pas si occasionnels que ça en vérité, mais bon...).

La proportion relativement importante des dépenses dédiées au transport est pour les trois quarts due à notre escapade en Argentine (bizarrement, l'avion et le bus sont des modes de déplacement moins économiques que le bateau). Le reste couvre les diverses locations de voiture et scooter (8 jours en tout). L'hébergement est également lié pour la plus grosse part à notre mois en Argentine.

 

 

Mais je vous rassure, nous garderons de notre voyage autre chose que quelques chiffres et un gros fichier Excel!

A ce propos demain apparaîtra sur ce blog le "questionnaire de Proust" pour évoquer les aspects les plus marquants de cette année, du meilleur mouillage à la spécialité culinaire la plus infâme en passant par les bons et les mauvais côtés de chaque équipier, et plein d'autres questions tout aussi intéressantes...

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 14:03

Nous voici donc de retour à bon port. Après quelques milliers de miles parcourus je vous propose un petit bilan technique, des choses qui nous ont servies, de celles qu'on aurait bien voulu avoir, et des trucs qu'on avait emmenés, et qui ne nous ont pas été très utiles ! En gros c'est ce qu'on aurait bien voulu lire avant de partir.

 

1) Ce qui nous a servi :

 

10-08-21 - merveilleAvant toute chose, on avait un bateau qui avait été fiabilisé au cours des années lors des croisières estivales en famille. De toute cette année, nous n'avons cassé qu'une drisse de génois au Brésil et le hale bas de grand voile un peu avant les Açores. Même si Coyotico a des défauts, notamment son incapacité à faire du près dans le petit clapot, on a vraiment apprécié sa robustesse, son volume intérieur, et sa facilité de manœuvre.

 

Le détecteur de radar nous a permis de passer de longues nuits sereines dès qu'on avait quitté les plateaux continentaux et leurs lots de pêcheurs. Ce petit boîtier qui ne consomme presque rien nous avertit par une alarme bien sonore dès qu'un cargo, un bateau de pêche, ou n'importe quoi avec un radar allumé passe dans un rayon de 5 à 10 M. Comme au large tout le monde (à l'exception des plaisanciers, rares) a un radar allumé en permanence, on peut rester au chaud dans le bateau.

 

10-08-21 - panneausolaireNotre éolienne et notre petit panneau solaire nous ont permis d'avoir les batteries du bord chargées en permanence, sans avoir à mettre en route le moteur. L'inconvénient d'une éolienne, c'est qu'elle ne débite pas lorsque le vent apparent est inférieur à 3 beaufort. Si c'était à refaire, on embarquerait plusieurs m² de panneaux solaires supplémentaires, sur un portique à l'arrière du bateau. On ajouterait également une ou deux batteries de service (on n'en n'avait qu'une) pour pouvoir utiliser les ordinateurs du bord sans arrière pensée. Dans le même esprit, on remplacerait toutes les ampoules néon et feux de position par des LED qui consomment nettement moins.

 

10-08-21 - regulateurLa quasi intégralité de notre voyage s'est faite sous régulateur d'allure. C'est un système fiable et robuste, simple, donc -super important- réparable avec les moyens du bord, ce qui n'est pas le cas des pilotes électroniques. La panne qui revient le plus souvent chez les «tourdumondistes » que nous avons croisés est liée à leur pilote électrique : électronique, vérins, qu'ils soient sur secteur ou extérieurs, lâchent à tour de rôle et sans prévenir. Et il est impossible de trouver les pièces localement.

 

Ce n'était pas prévu initialement, mais nous sommes partis avec un téléphone satellite qui s'est avéré bien pratique pour récupérer la météo (grib.us) lorsqu'on a quitté les alizés, et également pour prévenir nos proches lors des longues traversées. Le coût de l'appareil neuf est prohibitif, mais le forfait 1 an 500mn revient quasiment au même prix qu'un portable métropolitain. Il faut donc revendre le téléphone au retour !

 

Nous avons mis longtemps à faire réparer le petit HB 2CV de notre annexe. On a ramé des Baléares à Salvador, en passant par Gibraltar et les Canaries. C'est tout à fait faisable. Néanmoins, on était content que notre moteur soit réparé pour les mouillages souvent ventés des antilles. Une bonne annexe rigide avec dame de nage doit pouvoir pallier avantageusement et à moindre coût à un moteur HB. Sans compter les risques de vol qui sont sensiblement diminués. Pour rappel, on nous a fauché notre hélice à Lisbone, donc depuis on rame à nouveau.

 

10-08-21 - minuteurOn était contents de pouvoir compter sur notre ancre CQR et ses cinquante mètres de chaîne, en particulier dans les mouillages des îles de l'Atlantique, où les fonds tombent brusquement, et dans les fleuves tropicaux où ils sont de mauvaise tenue. Ainsi équipés, on a l'esprit plus tranquille quand on laisse le bateau au mouillage quelques jours.

 

Enfin, pour finir avec le matériel indispensable, le minuteur de cuisine. A bord, il sert à tout. Pour la cuisine bien sûr, mais aussi lorsqu'on doit faire des quarts : 15 minutes de sommeil avant le bip bip fatidique. Lorsqu'un cargo se présente à l'horizon, quand on débranche le détecteur radar le temps que le cargo s'en aille, alors on met le minuteur à sonner pour être sûr qu'on ne se rendorme pas pendant ce temps, au cas où il faudrait corriger la route. Ou bien toutes les deux heures dans la pétole pour vérifier qu'on ne fait pas trop d'erreurs de cap sous régulateur d'allure. Bref on ne partirait plus sans !

 

2) Ce qu'on avait emporté et qui ne s'est pas avéré très utile

 

10-08-21 - bluNous avions également emporté une BLU pour capter la météo. Si on a capté RFI jusqu'au cap vert, les ondes sont restées muettes au Brésil et pendant la traversée de retour. Le signal est souvent brouillé, plein d'interférences, et est sensible aux conditions météo. Par contre, lorsqu'on recommence à capter, c'est chouette de pouvoir écouter des radios françaises. Et c'est gratuit, contrairement au satellite !

 

Nos vestes de quart on passé beaucoup de temps dans la penderie. On ne les a vraiment utilisées que pour manoeuvrer lors de la traversée Açores-Lisbone. Le reste du temps, un t-shirt suffisait. Et pendant les averses tropicales, on sortait le bon vieux ciré Cotten, autrement plus étanche que n'importe quel « tissu technique », a mon avis de vastes arnaques. On navigue en effet différemment au long cours et sur un weekend : en voyage, quand il fait mauvais, on ne sort que pour manoeuvrer, sinon on est bien au chaud dans le carré !

 

On avait à bord un petit frigo 12/220V qu'on n'a jamais utilisé, à cause de sa consommation électrique. On vit très bien sans, même si on a souvent regretté de ne pas avoir de bière fraîche à bord ! Les fruits et légumes, même sous les tropiques se conservent très bien dans un tiroir aéré, les yaourts 2 jours, même à 38°. Le fromage (sec hein, pas du chèvre frais) se garde sans soucis une ou deux semaines, même s'il devient un peu huileux sur la fin. Seule la viande se conserve mal. Mais on a fait quelques conserves maisons, et on a acheté de la viande séchée qui se garde très bien.

 

3) Ce qu'on n'avait pas et qu'on aurait bien aimé avoir

 

10-08-21 - biminiLes bateaux de nos amis qui avaient un cockpit long et profond, avec une table nous ont souvent fait rêver... Le cockpit extrèmement réduit de Coyotico (1m x 50cm x 30cm) permet de s'assoir pour lire, mais il est impossible d'écrire, de dessiner, où de travailler un peu longtemps sur les ordinateurs à cause de l'absence de table. Je ne parle même pas de quand on a des invités à bord !

 

Pour continuer sur le cockpit, on a installé, pendant toute la période où on était sous les tropiques, un petit bimini, qui nous a permis de passer du temps dehors, en mer, et à l'ombre. Et, parce qu'on n'était plus obligés de se terrer dans le carré de 9H à 17H, ça nous a changé la vie !

 

10-08-21 - manoeuvres avantPendant les longues traversées, j'ai souvent rêvé d'un peit autoradio qui nous aurait permis d'écouter des MP3 sans vider la batterie du bord, et avec un son de meilleure qualité que sur les ordinateurs. On commence quand même à être dans le détail et le superflu !

 

Le bateau n'a pas d'enrouleur de génois, et parfois, dans les conditions changeantes de l'Atlantique nord, on aurait bien aimé ne pas trop aller se faire tremper sur la plage avant avec des voiles gorgées d'eau à changer. Mais bon, on vit quand même bien sans. Et les voiles à endrailler ont quand même un plus joli profil que les enrouleurs.

 

 

Pour conclure, je dirais que le bateau idéal n'existe pas. Par contre, certains aspects sont plus importants que d'autres. Parmi les critères importants, je citerai notamment la robustesse, la fiabilité, et aussi la facilité de nettoyage ! Nous n'avons pas eu à courir après les fournisseurs et à passer notre temps en bricolages divers et variés. Nos escales ont donc été de vraies escales et on a pu passer du temps à explorer ces nouveaux horizons. C'était un vraiment un super voyage !

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