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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 20:34

10-03-17 - marinaNous venons de passer notre dernière semaine au Brésil dans le mouillage de Jacaré sur le rio Paraiba, non loin de João Pessoa qui se trouve à la pointe est de l'Amérique du Sud.

Cette semaine a été l'occasion de profiter une dernière fois de tout ce qui fait le charme du Brésil: la musique à fond, qu'on entend même depuis le mouillage - en particulier le week-end entre minuit et quatre heures du matin; la plage, la mangrove et les cocotiers; la petite ville avec des beaux bâtiments coloniaux et des rues animées par les vendeurs de bricoles; les jus de fruits et la caipirinha; sans oublier les formalités interminables.


10-03-17 - joao pessoaIl y a tout de même quelques variations: en plus des rythmes de samba on a eu la surprise d'entendre tous les soirs à 17h15 le boléro de Ravel joué au saxophone; au contraire de ce qu'on voit à Salvador, les rues de João Pessoa ne sont pas encombrées de touristes et les policiers qui patrouillent ne sont équipés que d'une matraque (ceux de Salavdor ont en plus deux pistolets et un gilet pare-balles). Quant aux formalités de sortie du territoire, elles sont faites dans des bureaux aux heures d'ouverture aléatoires (il faut parfois secouer la grille du bâtiment pour qu'on vienne nous ouvrir) et par des gars en marcel et short tâché (dire qu'on se met en pantalon-chemise-chaussures fermées pour venir!). Autre nouveauté: le train, qui dessert quelques villes le long de la côte. Il fonctionne plutôt bien, avec un taux de retard à peine plus grand que celui de la RATP et une seule panne constatée lors de notre séjour.


On a aussi profité de cette dernière escale avant le retour à l'hémisphère nord pour faire un peu de bricolage sur le bateau (entre autres il a fallu mettre une deuxième drisse pour le génois, car que celle que nous avons mise à Salvador s'abîme vite, on en a maintenant une de secours) et sociabiliser (le bar de la marina étant une excellente base pour papoter avec les nombreux français et quelques étrangers qui fréquentent la marina et le mouillage).
10-03-17 - nousOn a aussi fait pas mal de sport, grâce au fort courant qui a la fâcheuse manie de nous entraîner loin de là où on veut aller (la terre ou le bateau, selon le moment de la journée). Après un épisode peu glorieux où nous voyant en difficultés, deux plaisanciers généreux sont venus nous remorquer jusqu'à Coyotico, nous avons décidé de 1. attendre l'étale pour faire des trajets à la rame et 2. réparer le moteur de l'annexe. La deuxième résolution n'a hélas pas pu être accomplie jusqu'à présent, pourtant ce n'est pas faute d'y avoir passé du temps (je parle d'Axel, là, bien sûr).


Nous sommes maintenant fin prêts à faire les 1400 miles qui nous séparent de la Guyane Française (autant que pour traverser l'Atlantique!). Il paraît que le vent et le courant sont avec nous, mais après notre dernière traversée, je demande à voir!

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 19:25

Nous avons terminé notre périple en Argentine par la visite des chutes d'Iguazu, côté argentin puis côté brésilien (où elles changent d'orthographe pour s'appeler chutes d'Iguaçu).

chutes1Les chutes sont impressionnantes, tout comme la quantité de touristes (principalement en groupes) qui viennent les voir. Bien qu'on se soit levés tôt pour arriver à l'ouverture du parc, nous n'avons pas réussi à devancer les cars de voyages organisés, et il a fallu souvent faire la queue pour pouvoir aller se faire arroser par les nuages qui s'élèvent des chutes.
Si on fait abstraction de la foule, les balades le long des chutes sont agréables et les vues vraiment jolies. Du côté argentin on peut s'approcher très près des cascades, suffisamment en tout cas pour devoir protéger l'appareil photo avec un sac en plastique et adopter la technique "photo éclair" (j'allume l'appareil photo dans le sac, je règle le zoom au hasard, je prends une photo en deux secondes en espérant que le cadrage ne soit pas trop foireux, je remets l'appareil dans le sac et j'essuie l'objectif avec un bout de T-shirt vaguement sec). De toutes façons, une photo, même bien cadrée et sans gouttes d'eau, ne rendra pas l'aspect spectaculaire du paysage: c'est trop grand et puis sur une photo il manque le bruit...
Du côté brésilien on a une vue d'ensemble de la multitude de cascades qui forment les chutes, c'est aussi très impressionnant de les voir s'étaler sur des centaines de mètres.

coatiMoins spectaculaire mais pas mal aussi, on a croisé lors de nos balades dans la forêt environnante tout un tas d'animaux très exotiques, en particulier des coatis, petites bêtes à fourrure et à nez pointu, très intéressés par nos sandwichs, mais aussi des lézards géants, des grands papillons de toutes les couleurs, des gros rongeurs à nez plat, plein d'oiseaux, des énormes araignées, un singe et même un toucan. Il paraît qu'il y a aussi des jaguars et des crocodiles, mais eux sont restés discrets.

Nous sommes donc quitté l'Argentine pour revenir au Brésil. Le dépaysement n'a pas été trop dur, mis à part en ce qui concerne le décalage horaire. Une seule heure, ce n'est pas beaucoup, mais quand on s'en rend compte à 3h30 du matin, parce que le taxi qui doit nous emmener à l'aéroport nous attend depuis déjà un quart d'heure, c'est rude. Nous avons cependant été très efficaces: huit minutes après avoir été réveillés, nous étions dans le taxi et on n'a même pas eu besoin de courir pour avoir notre avion.
Nous aurions cependant presque pu prendre le suivant puisque c'est avec celui-là que mon sac est arrivé - nous avons donc eu l'immense plaisir d'attendre deux fois les bagages auprès des tapis roulants, ce qui, comme chacun sait, est le moment le plus agréable des vacances.

chutes2Une fois (enfin) arrivés sur Coyotico nous n'étions pas au bout de nos peines, car nous y avons trouvé un invité indésirable : l'affreux, le terrible, le redouté, j'ai nommé le CAFARD! Après avoir férocement applati le specimen qui se baladait dans le carré, nous sommes parti à la recherche de ses amis - car qui dit un cafard dit généralement toute une troupe. Nous avons donc vidé et re-rempli tous les tiroirs et compartiments qui contenaient de la nourriture et inspecté tous les coins sombres où ils pouvaient éventuellement se planquer, tout en vaporisant du produit anti-bestiole dans les endroits suspects où il pourrait y avoir des oeufs. Jusqu'à présent et malgré une atmosphère légèrement paranoïaque ("la! un truc noir!") nous n'avons découvert aucun autre insecte. On espère très fort que la présence de cet énorme cafard solitaire s'explique par son arrivée dans nos bagages, et non pas parce qu'il a trouvé un autre moyen de s'introduire dans le bateau.

Maintenant qu'on a réglé ce petit problème, il ne reste plus qu'à faire les lessives (pfff), réparer les toilettes (pfffff), trier les 5 Go de photos (aïe) et faire les comptes (ouïe ouïe ouïe)...

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 14:18

La première chose que nous avons faite en revenant à Salvador après notre expédition sur le Rio Paraguaçu a été de ressortir nos pantalons et chemises propres pour une nouvelle série de formalités chez nos amis les douaniers. En effet, l'autorisation que nous avait délivrée la douane à notre arrivée au Brésil expirait en février, et nous voulions la prolonger de trois mois. Mais ce qu'on pensait devoir n'être qu'une simple prolongation s'est avéré être un long processus, avec constitution d'un dossier de plusieurs pages et visite de divers bureaux. Un peu comme la maison des fous dans les douze travaux d'Astérix, la barrière de la langue en plus...
Tout cela a finit par aboutir à un papier (un de plus...) qui nous donne l'autorisation de laisser le bateau tout seul au Brésil pendant que nous partons en Argentine. 

10-01-19 - bahianaisesLes formalités ont été d'autant plus longues qu'elles ont été interrompues par un jour férié: il sera dit que nous ne passerons pas une semaine à Salvador sans assister à des festivités quelconques! Cette fois-ci, c'était la fête du Lavagem do Bonfim, très populaire à Salvador. Il semblerait qu'à l'origine ce soit une célébration religieuse, avec grande procession jusqu'à l'église de Bonfim, à environ sept kilomètre du centre-ville, lavage des marches par des bahianaises en costume traditionnel et nombreuses prières à Nosso-Senhor do Bonfim. En pratique, la signification religieuse se perd un peu au milieu des cortèges de partis politiques, des chars de musique et des groupes de percussions, sans oublier bien sûr les innombrables vendeurs de bière et boissons fraîches.
Nous avons suivi la procession jusqu'à l'église, et nous avons pu constater à cette occasion que le seul jour où les bahianais sont en basket, c'est le jour du Lavagem do Bonfim. Nous, pensant faire couleur locale, nous étions encore en tongs... Nous avons donc eu l'immense plaisir d'avoir les pieds parfumés à la bière (c'est fou ce que les gens sont maladroits) et écrabouillés régulièrement, en particulier à la fin du parcours quand la foule se densifie.

10-01-19 - lavagemNous sommes arrivés trop tard à l'église de Bonfim pour voir la cérémonie de lavage des marches, par contre on a pu voir les gens qui accrochaient des rubans colorés porte-bonheur à la barrière devant l'église, pour s'assurer de la protection de Notre-Seigneur do Bonfim.
Au retour, dans le courant de l'après-midi, le parcours de la procession était toujours aussi densément peuplé, des chars et des groupes de gens continuaient à affluer vers Bonfim. A croire que toute la ville s'était rassemblée sur les sept kilomètres d'avenues qui séparent le centre ville et la presque-île de Bonfim... Sept kilomètres de beau bazar!

10-01-19 - bagagesA part cette journée de fête, notre semaine a été principalement occupée par des tâches moins amusantes: courses, rangement du bateau, et toutes les petites choses à faire qui n'ont l'air de rien mais qui prennent du temps. Nous avons tout de même trouvé le temps de devenir des habitués de la boulangerie du coin; maintenant le serveur nous reconnaît et s'étonne quand on ne prend pas notre part de gateau habituel...

Nous sommes maintenant fin prêts pour le départ: les polaires ont été dépoussiérées et rangées au fond des sacs à côté de la tente et des sacs de couchage. Notre avion décolle cet après-midi pour arriver à Buenos Aires en fin de soirée. Là, nous avons réservé deux nuits d'hôtel, et ensuite... on verra!


Nous essaierons de continuer à donner des nouvelles de temps en temps sur ce blog, mais sans ordinateur ça sera un peu plus compliqué. Quant au site, il y a eu une mise à jour aujourd'hui, mais ensuite il faudra attendre notre retour, dans environ un mois, pour les prochaines nouvelles.

A bientôt!

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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 21:12

2010-01-14 - monastereAprès notre retour de Lençois, nous n'avons fait qu'une courte pause à Salvador avant de repartir, cette fois pour remonter le Rio Paraguaçu en bateau.

Encore une rivière, me direz-vous, mais vous n'en n'avez pas marre??? Eh bien non, car certes, c'est encore une rivière, mais ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre... On retrouve les mangroves et les cocotiers qui forment des paysages familiers, mais on découvre des collines verdoyantes et des falaises rouges, qui font des beaux reflets sur l'eau calme du petit matin. On retrouve les pirogues et les villages de pêcheurs, mais on découvre un vieux monastère au détour d'un méandre, grand fantôme noirci oublié des routes touristiques qui trône au milieu des cahutes d'un petit village.

2010-01-14 - sportPas mal de contemplation, donc, mais pas seulement. Quand nous nous sommes lassés de regarder défiler le paysage, nous sommes revenus à des activités plus terre à terre: baignades, water polo (à trois), concours de plongeons. On a même testé le ski nautique sans les skis, nouveau sport qui consiste à se faire traîner derrière le bateau, attaché à une corde. C'est très marrant mais je ne suis pas sûre que ça ait beaucoup d'avenir comme discipline olympique.

Et puis ce n'est pas parce qu'on est en mode "vacances sous les tropiques" qu'on ne travaille pas, et on a donc profité des eaux calmes de la Baie de tous les Saints pour changer la drisse du génois, qu'on testera lors d'une prochaine navigation à la journée.


2010-01-14 - autravail

PS les photos de la Chapada Diamantina sont ici, celles du Rio Paraguaçu les suivront dès que je les aurai triées...

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 13:16

10-01-12 - paiinacioNos aventures dans la Chapada Diamantina ont commencé à 4h30 le jour de notre arrivée à Lençois, centre touristique de la région. Notre plan "on prend le bus de nuit et on arrivera bien à se débrouiller sur place" nous a paru tout d'un coup un peu moins brillant lorsque le bus nous a déposé dans une petite gare routière déserte, de nuit, et qu'il nous a fallu partir à la recherche d'une pousada, sans plan et sans réservation - tout ça le week-end le plus chargé de l'année (mais heureusement, ça, on ne le savait pas encore). Il y a probablement un dieu pour les voyageurs optimistes car une agence de tourisme du coin avait décidé de se faire de la publicité en proposant aux touristes sans hébergement de les aider à trouver une pousada. Après de nombreux arrêts infructueux à des pousadas toujours pleines nous avons fini par échouer dans une pousada sans nom, simple maison de particulier, où vu l'état des chambres et de la salle de bain il n'était manifestement pas prévu que des touristes y soient hébergés.


10-01-12 - fouleEnsuite l'aventure a été un peu plus standardisée puisque pour visiter la région il faut passer par des agences qui fournissent transport et guides. Difficile dans ce cas de sortir des sentiers battus...
Cela dit, certains sentiers sont plus battus que d'autres, le nombre de personnes au mètre carré étant directement dépendant du mode de transport utilisé pour la balade: lorsque nous avons pris le circuit en minibus qui fait le tour des grottes et cascades de la région, les rivières ressemblaient furieusement à une piscine parisienne un dimanche d'été (les bulles en plus).
Par contre, lorsqu'il y a plus de trois heures de marche ou qu'on s'éloigne des grandes attractions la foule se fait moins dense, les groupes sont plus petits, et les guides sont moins occupés à essayer de retrouver leurs ouailles parmi la foule de touristes et plus disponibles pour nous parler de la région.

10-01-12 - chevalC'est à pied que nous avons vu les habitants de Lençois faire leur lessive dans la rivière qui traverse leur ville, et aussi à pied que nous avons découvert les plantes locales et leur utilisation, grâce à un guide qui s'arrêtait toutes les dix minutes pour nous montrer une fleur, nous parler de l'histoire de la région ou chercher un fruit mûr pour qu'on puisse le goûter.
Et c'est à cheval que nous avons exploré l'ancienne région de production de diamants, où nous avons croisé des garimpeiros qui continuent à tamiser le sable des rivière dans l'espoir de trouver une grosse pierre, et qui nous ont montré leur seule trouvaille: un tout petit caillou brillant d'environ un millimètre de diamètre. C'est aussi lors de cette balade que nous avons découvert qu'il est possible de manger une mangue sans couteau: il suffit de ramasser le fruit bien mûr, d'enlever la peau qui s'arrache toute seule et de mordre dedans. Après on est tout barbouillé de jaune et on a les mains un peu gluantes, mais il aurait été dommage de rater les meilleurs mangues de la région (dixit notre guide) parce qu'on avait oublié d'emmener un couteau...


10-01-12 - cascadeEn tout cas, que ce soit à pied, en voiture ou à cheval, la région vaut vraiment le coup: vue du Morro Pai Inacio, sommet de la région; balades dans les vallées entre des montagnes-plateau; baignades dans des rivières et sous des cascades; visite de la grotte de Lapa Doce, pleine de formation calcaires qu'on entrevoit à la seule lueur de la lampe à gaz du guide; ascension jusqu'au sommet de la Cachoeira da Fumaça, plus grande cascade du Brésil, où, les normes de sécurité n'étant pas encore ici ce qu'elles sont en France, on peut s'allonger sur un rocher surplombant 450 mètres de vide pour voir en contrebas le petit lac où la cascade se jette - le guide ayant une main sur notre cheville pour assurer la sécurité... Finalement c'est un peu l'aventure quand même!

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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 23:57

Une petite note de blog pour vous souhaiter à tous une très bonne année, que 2010 soit pleine de soleil et de projets. Et surtout, amusez-vous bien!


Pour notre soirée de nouvel an nous avons revêtu nos habits les plus clairs - car à Salvador la plupart des gens s'habillent tout de blanc pour le réveillon - et nous sommes allés au phare de Barra, au sud de la péninsule de Salvador. Là il y avait plein de monde, de musique, et un feu d'artifice pour célébrer le passage à l'année 2010. On a cependant un peu raté le compte à rebours car juste à côté de nous la police était en train de séparer puis arrêter deux gars qui se tapaient dessus. Nous avons pu constater à cette occasion que la méthode d'arrestation préférée des policiers brésiliens est la prise à la gorge, ce qui a l'air tout à fait efficace.
Heureusement à minuit pile des gens autour de nous ont commencé à ouvrir des bouteilles et à arroser leur entourage, ce qui nous a rappelé qu'il était l'heure de crier, d'applaudir et/ou agiter les mains, et de souhaiter bonne année à nos voisins. Soit dit en passant, le liquide qu'ils ont ainsi dispersé et qu'ils appellent cidre est tout à fait infâme et se rapproche plus du jus de fruit chimique que de la pomme fermentée. Mais bon, on ne peut pas avoir le sens du ryhtme ET faire du bon champagne, ce serait trop injuste.
Le début de l'année 2010 a été un peu moins marrant puisqu'il a fallu trouver un taxi pour rentrer à la marina, ce qui n'est pas plus facile qu'à Paris après la fermeture du métro. Mais à force de patience on a réussi à éviter ceux qui essayaient de doubler leurs tarifs et à en trouver un qui, certes, ne savait pas où était la marina, mais qui au moins était très sympa.


Nous partons ce soir pour le parc naturel de Chapada Diamantina, à environ 400 km de Salvador, où il paraît qu'il y a des paysages magnifiques et des belles balades à faire. Une bonne manière de commencer l'année...

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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 22:09

riomarauNous voici de retour à Salvador!
Après avoir quitté Morro São Paulo, nous avons passé quelques jours paisibles dans la baie de Camamu et sur le rio Marau. C'est une variation sur le même thème qu'à Morro São Paulo, en plus valloné et encore plus tranquille, car plus éloigné des routes touristiques. Nous avons donc continué notre exploration des petits et gros villages de pêcheurs et des mangroves pleines de crabes.

Le retour a été un peu moins paisible: en plus de devoir faire les 75 miles qui nous séparaient de Salvador contre le vent et le courant (ce qui est particulièrement lent), nous avons eu quelques petits soucis, entre les feux de position qui refusent de fonctionner à moins que l'on ne donne des grands coups sur le balcon pour rétablir le faux contact, et la drisse, cassée sur le chemin, remplacée pendant la pause technique qui a suivi et à nouveau abimée à la fin d'une deuxième journée de navigation. La palme revient quand même au moteur qui nous a lâché juste en arrivant à Salvador, vers 23 heures, après plus de 12 heures à tirer des bords et juste au moment où on pensait arriver au bout de nos peines (oui, j'essaie de nous faire plaindre, là).

moteurNous avons donc dû mouiller en vrac dans la rade de Salvador, et le lendemain, après plusieurs tentatives infructueuses pour réparer le moteur nous nous sommes résignés à faire appel aux services de la marina d'à côté. La première étape a été de remorquer le bateau jusqu'à la marina - sans moteur et sans vent, c'est un peu compliqué de manoeuvrer dans un port. Cela  peut sembler simple mais ça ne l'est pas du tout; la marina (qu'on avait pourtant choisie parce qu'elle était censée avoir de bons services) a refusé d'envoyer un zodiac et il nous a fallu négocier (en brésilien!) avec le propriétaire d'un bateau pour qu'il accepte de venir nous tirer avec son annexe.
Une fois amarrés au ponton nous avons eu la chance de pouvoir embaucher un mécanicien qui travaillait sur le bateau d'à côté. La communication n'a pas été facile, mais à l'aide du portugais approximatif d'Axel, du dictionnaire, et d'une bonne dose de gestes plus ou moins explicites, le problème a été réglé en moins d'une heure (il s'agissait en fait d'un tuyau bouché par des bactéries dans le fioul).
Pour ceux qui se demandent ce que je faisais pendant ce temps, eh bien j'étais à plat ventre au fond de la couchette arrière babord, le bras dans une trappe, pour ouvrir et fermer le robinet de fioul à chaque fois que le mécanicien voulait vérifier le circuit de carburant. Chacun participe à la hauteur de ses capacités...

drisseLe point positif, c'est que tout ça nous a donné l'occasion de visiter l'autre marina de Salvador, celle qui est privée et qui est réputée (justement) coûter deux fois plus chère que celle que nous avions choisie au début. Contrairement au Terminal Nautico, fréquenté principalement par des voiliers de grande croisière, la Bahia Marina est essentiellement destinée aux (très) riches brésiliens, et on a l'impression que le bateau (à moteur surtout) n'est qu'un prétexte et que c'est un club social pour l'élite plutôt qu'une association sportive. Dans l'enceinte de la marina (femrée par des barrières et surveillée par des vigiles tous les dix mètres) il y a tout un monde, bien loin du reste de la ville: magasins (y compris un architecte, allez voir le rapport), bars et restaurants très chics, et même une borne de taxis. Le style vestimentaire des gens est loin du short-T-shirt qui prédomine dans le reste de la ville et lorsque le soir on va prendre sa douche, en tongs et serviette sur l'épaule, on croise des gens sur leur trente-et-un qui vont passer leur soirée au restaurant...
Sociologiquement c'est très intéressant mais budgétairement ça l'est un peu moins donc dès que notre problème de moteur a été réglé nous nous sommes empressés de retourner au Terminal Nautico, où nous devrions rester jusqu'au 1er de l'an. D'ici là nous ferons les guides touristiques pour Sébastien, qui est venu passer ses vacances à Salvador.

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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 00:00

2009-12-25 - perenoelA notre grande déception, les brésiliens n'ont pas remplacé le père Noël barbu par une mère Noël en bikini rouge, pas plus qu'ils ne mettent de guirlandes dans les cocotiers à défaut de sapins. A vrai dire, vu de l'extérieur, la célébration de Noël  a l'air d'être sensiblement la même qu'en Europe. Le père Noël a sa grande barbe et son vêtement rouge (curieusement, on n'a vu personne déguisé en père Noël, par contre les caissiers du supermarché où on a fait nos courses avaient des gilets rouges bordés de fausse fourrure, sans manches pour s'adapter au climat brésilien) et dans les publicités il y a de la neige et du houx. On a même vu un père Noël grimper dans un cocotier!
Les références à Noël sont cependant bien moins denses qu'en France à la même époque. Certes les supermarchés de Bahia vendent des guirlandes, des boules et des petits sapins en plastiques, et il y a quelques décorations dans les rues mais le thème de Noël n'est pas aussi omniprésent que ce qu'on peut voir en Europe.


Finalement, la seule vraie différence qu'on a pu constater réside dans les spécialités de Noël.
Tout d'abord, ils ne mangent pas de chocolat - ce n'est pas très étonnant vu le climat mais c'est un peu dur pour moi, heureusement que notre sac de 3kg n'est pas encore terminé. On a vu des chocolats seulement dans un grand supermarché à Bahia, et ils sont tous importés d'Europe (pas du meilleur, car on l'a tout de même testé), ce qui montre le peu de cas qu'ils en font puisque sur la quasi totalité des aliments de consommation courante il y a écrit un fier "Industria brasileira".

2009-12-25 - panettoneEn fait, LE gateau de Noël, c'est le panettone. Au début on n'y croyait pas et puis à force d'en voir des tas près des caisses dans tous les magasins d'alimentation, on a finit par en acheter un, et voilà ce que dit le petit texte sur le côté de la boîte: "dans les années 50, un immigrant a amené d'Italie la vraie et traditionnelle recette du panettone. Depuis ce jour, trois générations de sa famille ont transformé le dessert traditionnel italien en une nouvelle coutume brésilienne. Aujourd'hui c'est le panettone qui annonce dans nos foyers l'heureuse arrivée de Noël". Sur Coyotico le panettone a annoncé l'arrivée de Noël dès le 21 décembre, puisqu'il fallait bien le goûter avant de décider s'il était digne de remplacer la bûche pour le repas de Noël.




Cela dit, avec rarement moins de 30° au thermomètre et sans sapin ni chocolats à l'horizon on a du mal à réaliser que c'est Noël... Mais on a quand même un oeil sur le calendrier donc on vous souhaite à tous un très joyeux Noël! Feliz Natal!

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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 13:51

En venant à Morro São Paulo, "célèbre au niveau international", comme le dit notre guide du littoral de Bahia, nous pensions découvrir la vie d'une ville balnéaire brésilienne.


2009-12-24 - pirogueMais lorsque nous avons remonté l'estuaire dont le village de Morro São Paulo est l'entrée, nous avons avons découvert un monde complètement différent: la vie de la rivière.
On navigue entre des rives couvertes de mangroves et de cocotiers, en essayant d'éviter les bancs de sable qui affleurent à marée basse et les bouées des pêcheurs. On croise des bateaux de toutes formes et de toutes tailles, depuis la pirogue qui transporte aussi bien le pêcheur et ses filets que toute la famille avec le chien, jusqu'au bateau "bus" qui emmène passagers et marchandises d'un village à l'autre, en passant par le petit bateau rapide qui porte une croix rouge et l'inscription "ambulança".
De temps en temps, on aperçoit sur une colline une grande église qui surplombe un village, petites maisons perdues dans la verdure et groupées autour du ponton. Car le ponton, seul point de contact avec l'extérieur, semble être le centre de la vie du village: c'est là où les gens se regroupent, là où se trouvent les bars et de là que part la rue principale.


2009-12-24 - cairuGaleão est un de ces petits villages, avec quelques maisons et deux petits bars sur le bord de l'eau, des chemins qui abandonnent les pavés pour le sable au bout de 50 mètres, deux églises, un centre d'alphabétisation des pêcheurs et des slogans révolutionnaires sur la fresque qui orne la place principale. Les maisons sont toutes petites, peintes de couleurs vives, et chacune a une cage à oiseaux accrochée à l'entrée. Il y a des arbres fruitiers un peu partout: dans les verger, autour des maisons, sur le bord du chemin. A part les bateaux il n'y a pas de véhicules à moteur, les gens se déplacent pied nus ou un tongs et on a l'impression d'avoir fait un saut dans le temps.
Plus en amont, Cairu est le centre administratif des îles de l'estuaire. La ville est nettement plus grande que Galeão: presque toutes les rues sont pavées et en plus d'un grand couvent et d'une église, souvenirs de la colonisation, on y trouve une mairie, un collège, une bibliothèque, un terrain de basket et une piscine, et même un bureau des témoins de Jéhovah, qui cohabite avec l'église et le temple. Malgré tout Cairu garde une ambiance tranquille de gros village, qui vit au rythme des bateaux qui vont et viennent à son ponton, où l'herbe pousse entre les pavés et où le soir, tout est tellement silencieux qu'on entend du mouillage les cris des enfants qui jouent dehors.


2009-12-24 - morrosaopauloLe contraste est saisissant quand on arrive à Morro São Paulo, village-vacances version tropicale avec plages (cinq), cocotiers, touristes en maillot de bain et boutiques de souvenirs.
Il faut reconnaître que l'architecture est plutôt réussie, et il y a quelques détails sympathiques - les rues de sable où ne circulent que des brouettes, seul moyen de transport des bagages des touristes et de l'approvisionnement des magasins et restaurants, les hamacs pendus dans les cours des pousadas, les rues étroites envahies par la végétation - mais l'impression qui domine est celle d'être dans une usine à touristes, où chaque maison abrite un restaurant, un hôtel, ou bien une agence qui propose des excursions en bateau, et où les plages sont envahies par les parasols et les odeurs de friture.

Heureusement, nous avions fait notre pause "plage et cocotiers" à la Punta do Curral, non loin de là. C'est une petite langue de sable couverte de cocotiers, où les touristes se font parfois déposer en bateau pour une demi-heure de baignade, mais où la plupart du temps la seule animation vient du chien de la plantation de cocotiers.
Nous n'avons donc fait qu'une très courte pause à Morro São Paulo, avant d'aller à 40 miles plus au sud, dans la baie de Camamu.

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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 10:20

09-12-17 - itaparicaItaparica, située sur l'île du même nom, est une ville qui a dû être peuplée un jour, avec des rues larges et des grandes maisons, mais qui semble maintenant à moitié endormie. Le tour du centre-ville nous amène successivement et en environ dix minutes au fort, à la plage où une buvette sert des coquillages pleins de sable, à la place du marché avec ses trois cafés, et à la place de l'église. On rencontre peu de gens, les bars sont quasiment vides et la plage serait déserte s'il n'y avait pas les pêcheurs qui vont relever leurs casiers ou qui reviennent avec leurs poissons. Tout semble aller au ralenti. Il y a peu de magasins et les principales activités semblent être d'aller chercher de l'eau à la fontaine d'eau minérale, pêcher, se baigner, et regarder le temps passer, si possible à l'ombre.
Dans notre optique "à Rome fait comme les romains", nous avons essayé de nous mettre au rythme de l'endroit. Notre temps a donc été réparti entre les baignades (indispensables pour se rafraîchir), la sieste, et quelques balades à terre.


09-12-17 - annexeAprès quelques jours consacrés activement à ne rien faire, nous avons levé l'ancre pour aller la jeter une dizaine de miles plus loin, après avoir slalommé entre les bancs de sable et les îles couvertes de cocotiers qui encombrent le canal qui se trouve entre l'île d'Itaparica et la terre.
Notre nouveau mouillage se trouvait en face d'une petite île, au niveau d'une fontaine naturelle. A ma grande déception nous n'avons pas pu nous y doucher (notre guide était un peu mensonger sur ce point), le petit filet d'eau nous a tout juste permis de nous rafraîchir et de mouiller nos chapeaux.
Nous avons passé un jour à cet endroit, suffisant pour explorer la forêt qui couvre l'île et les petites mangroves qui la bordent. Nous y avons dérangé des chauve-souris et différentes sortes de crabes, des gros rouges et des tout petits jaunes avec une énorme pince. Par contre nous n'avons pas beaucoup perturbé les coquillages, bien qu'Axel ait creusé d'innombrables trous dans l'espoir de se faire un repas avec sa récolte.


Notre prochaine étape est Morro São Paulo. Tous ceux qui nous en ont parlé nous en ont dit le plus grand bien, il paraît que c'est magnifique (toujours dans le genre "plage et cocotiers") et que beaucoup de bahianais y vont pour leurs vacances ou le week-end. On espère donc y trouver un peu plus d'animation qu'à Itaparica...

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