Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 11:45

Il y a moins de 80 miles entre Cadiz et Gibraltar, et la météo annonçant une absence quasi totale de vent nous pensions mouiller à Gibraltar après moins de vingt-quatre heures d'une navigation tranquille au moteur. Que nenni! Nous avons effectivement fait toute la route ou presque au moteur, mais à part ça la navigation a été bien loin de ce que nous attendions. Le vent qui devait être très faible a été en réalité très irrégulier (mais toujours de face et souvent très fort), et nous avons successivement
1 - fait du moteur
2 - fait un peu de près car le vent s'était levé
3 - mouillé pour attendre que le vent tombe (tirer des bords par vent fort ce n'est vraiment pas drôle)
4 - re-fait du moteur
5 - mouillé en catastrophe car le moteur refusait de fonctionner (heureusement ce n'était qu'un problème d'arrivée de fioul, vite réparé par Axel)
6 - re-fait du moteur
trajet gibraltar7 - fait demi-tour pour aller s'abriter dans un port qu'on venait de dépasser après que le vent et la houle ont rendu la route au moteur impossible
8 - re-fait demi-tour après dix minutes pour continuer vers Gibraltar quand le vent est retombé tout à coup
9 - mouillé derrière l'île de Tarifa, juste avant le détroit de Gibraltar, car le vent était à nouveau très fort et rendait le passage franchement hasardeux.
10 - attendu une journée et une nuit à Tarifa, à pester contre la météo foireuse, à regarder les voiliers qui essayaient malgré tout de passer le détroit et à pronostiquer leurs chances de succès (un certain nombre sont revenus s'abriter derrière l'île ou dans le port de Tarifa).
11 - re-fait du moteur jusqu'à Gibraltar, où nous sommes arrivés environ 48h après être partis de Cadiz...


Notre pause ici devrait être assez courte (juste le temps de faire le plein et la vidange) car la météo (on y croit encore) annonce pour aujourd'hui une accalmie dans le régime des vents d'est, dont nous aimerions profiter pour continuer notre chemin vers l'est de l'Espagne (probablement Cartagène si le vent ne nous fait pas trop de misères).


ps: j'ai profité de notre arrêt forcé à Tarifa pour faire le nouvel épisode de la série sur l'annexe, qui apparaîtra demain sur le blog. Par contre le récit de nos visites à Cadiz ne viendra qu'à notre prochaine escale.

Partager cet article

Repost0
10 juillet 2010 6 10 /07 /juillet /2010 16:38

10-07-10 - trajetAi-je parlé de météo favorable dans ma dernière note de blog? En pratique, le vent qui devait nous permettre d'aller vers le nord pendant environ deux jours pour ensuite être au travers par rapport aux vents de nord dominants le long de la côte portugaise nous a abandonnés au bout d'une demi-journée, nous laissant plantés à une latitude bien moindre que celle que nous espérions atteindre. Avec un vent invariablement nord-est nous n'avons ensuite pas eu d'autre choix que de faire le près le plus serré possible pour ne pas descendre trop au sud et essayer d'atteindre Lisbonne. Quant à aller à Porto, il a été vite évident qu'il nous aurait fallu tirer des bords pendant plus d'une semaine et nous y avons vite renoncé.

La traversée a malgré tout plutôt bien commencé. Sans être idéales, les conditions étaient suffisemment correctes pour nous permettre de passer un peu de temps dehors, et nous avons vu des dauphins, que nous avons identifiés comme des dauphins communs grâce à notre guide des açores et à leur côté bicolore (bleu et marron). 10-07-10 - encorevaillanteNous avons aussi vu à quelques mètres du bateau un aileron tout à fait différent de ceux des dauphins, tant par sa forme (triangulaire plutôt que recourbé) que par son comportement (mouvement lent et parallèle à la surface, loin des bonds des dauphins), et que nous avons identifiés comme un requin! Mais le plus impressionnant a été le gros cétacé (baleine ou cachalot) qui est apparu à 20 mètres de Coyotico, et dont on a vu la forme et le souffle pendant un petit moment, jusqu'à ce qu'il s'éloigne.

C'est ensuite que ça s'est gâté. La traversée, qui devait d'après notre guide être "fast and exhilarating", s'est avérée la plus désagréable de notre voyage. C'était le près dans toute sa splendeur et ses désagréments : le bateau est incliné à 30° et agité de soubresauts, voire de chocs violents quand il retombe à plat sur une vague, les déplacements sont lents, difficiles et occasionnent de nombreuses interjections plus ou moins polies et à peu près autant de bleus, des vagues recouvrent régulièrement le pont et le cockpit et rendent les sorties risquées (à moins de vouloir prendre une douche froide et salée), les tiroirs et placards s'ouvrent tout seuls en déversant leur contenu ou se referment d'eux-mêmes, si possible quand on a encore les doigts à l'intérieur, les objets volent hors de leur compartiments lors des coups de gîte particulièrement forts et échouent sur le plancher, rendant les déplacement dans le bateau encore plus périlleux... Sans oublier les inconvénients plus mineurs mais néanmoins fort gênants, comme l'extrême difficulté de cracher le dentifrice dans un petit lavabo sans repeindre tout le coin salle de bain.
10-07-10 - giteDans ces conditions inutile de dire que côté cuisine on était loin des petits plats habituellement mitonnés avec soin par Axel: même si on a évité le riz blanc tous les jours on a tout de même moins bien mangé que lors d'autres traversées. Certains jours particulièrement inconfortables ont été l'occasion de tenter des expériences franchement douteuses telles que maïs-saucisse en boîte (à déconseiller), la palme du degré zéro de préparation revenant au repas paté + biscottes, dans les cas vraiment dramatiques où il n'était même pas question de se pencher sur une casserole.

Axel a trouvé ça particulièrement pénible, quant à moi, misérablement cachée au fond de la couchette arrière, j'essayais de ne pas voir l'étonnante inclinaison de la mer par rapport au bateau, ni les grosses vagues qui s'abattaient sur le pont, ni le hauban sous le vent détendu par la tension des voiles, qui vibrait avec une amplitude tout à fait inhabituelle, et de ne pas entendre les écoutes grincer et le vent siffler dans le gréement. 10-07-10 - manoeuvreNe pouvant pas trop lire pour cause de mal de mer sournois, j'ai voulu hiberner pour passer le plus vite possible cet épisode déplaisant. Malheureusement le corps humain n'est pas fait pour dormir plus de 16 heures par jour, plusieurs jours de suite (j'ai essayé!); j'ai donc du renoncer à mon projet, ce qui était aussi bien car il fallait rester un petit peu opérationnelle pour surveiller qu'Axel ne tombe pas à l'eau pendant les manoeuvres.
Car contrairement à beaucoup de nos navigations où il suffisait de hisser les voiles au début et de les affaler à la fin, il a fallu pendant cette semaine adapter continuellement les voiles au vent, qui est devenu de plus en plus fort au fur et à mesure qu'on avançait vers l'est. D'abord les ris dans la grand voile, puis dans le génois, puis on a remplacé le génois lourd par le foc 1, et on a fini par faire plus de douze heures avec le foc 1 seul à l'avant, la grand voile étant complètement affalée pour soulager le gréement. C'est à cette occasion que j'ai enrichi mon vocabulaire de marin et j'ai appris qu'il ne faut pas dire "ah dis donc, ça souffle, hein" mais plutôt "sacrebleu, ça bastonne".

Ce n'est que les derniers jours de la traversée que le vent s'est un peu calmé; on a pu renvoyer un peu de toile et recommencer à passer du temps dans la position assise plutôt qu'allongée. L'arrivée à Lisbonne a tout de même été accueillie par l'équipage avec un soulagement au moins aussi grand que la vue de Horta après quatre semaines de mer...

Partager cet article

Repost0
18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 13:46

Voilà, presque jour par jour, notre navigation. Pour éviter de faire une note du type  "bon bah on a eu du vent... et puis un peu moins... et des fois il venait d'en face et des fois de travers..." j'ai studieusement pris des notes tous les jours. Le résultat est un peu long, certes, mais c'est pour vous donner une idée de la durée de la chose...

 

10-06-18 - guadeloupeJ1 (21 mai)  - départ de la Guadeloupe. Le temps est dégagé (on voit même presque toute la Soufrière, comme par hasard au moment où on part), la mer est plate (on est protégés de la houle de l'Atlantique par l'île), le vent souffle bien mais pas trop. Pour se donner le moral (ou pas), on calcule notre temps estimé de parcours en fonction de la vitesse moyenne, ce qui a en plus l'avantage de nous entraîner à la division par 24. Une moyenne de 4 noeuds, estimée la plus probable donne une date d'arrivée au 16 juin, ce qui paraît encore bien loin...
J2 - On continue à naviguer dans les Antilles: on passe Antigua puis Barbuda sur une mer toujours aussi plate.


J3 - Les choses se gâtent : on est sortis de la protection des îles et la houle commence à secouer le bateau, et le mal de mer, auquel on avait miraculeusement échappé jusque là, fait son apparition. Pour ne rien arranger, le temps empire et on commence à avoir des grains. Ca va encore plus mal le lendemain: plus de grains et toujours autant de mal de mer, même Axel ne se sent pas très bien.
J5 - Ca va un peu mieux et on commence à manger autre chose que du riz. Il faut dire qu'on a trouvé un bon moyen de lutter contre le mal de mer : chanter. On commence à connaître une bonne partie des paroles de notre "livre des chansons de France" et quand on arrive au bout de notre répertoire on invente des nouvelles strophes pour varier. Le texte de "J'ai du bon tabac dans ma tabatière", en particulier, est assez pauvre et il est facile d'y ajouter une suite:
après
     J'ai du bon tabac dans ma tabatière,
     J'ai du bon tabac, tu n'en auras pas
     J'en ai du fin et du bien râpé
     Mais ce n'est pas pour ton vilain nez
     J'ai du bon tabac dans ma tabatière,
     J'ai du bon tabac, tu n'en auras pas

On enchaîne avec, toujours sur le thème "pas très recommandé par l'institut manger-bouger-cinq-fruits-et-légumes-par-jour":
     J'ai des bons sodas dans mon frigidaire   
     J'ai des bons sodas tu n'en auras pas
     J'en ai des gras et des bien sucrés
     Mais ce n'est pas pour ton vilain nez
     etc, etc
et puis:10-06-18 - nous
     J'ai d'la bonne vodka j'l'ai achetée hier
     J'ai d'la bonne vodka tu n'en auras pas
     J'en ai d'la pure et d'la frelatée
     Mais ce n'est pas pour ton vilain nez
     etc, etc
On avait aussi une strophe où la rime en "air" était donnée par le mot "garçonnière" mais elle a été censurée par le comité de rédaction.
Bref, on s'amuse comme on peut mais le moral revient malgré le temps qui reste très maussade, avec pluie et grains (peut-être que nos exploits vocaux n'ont pas arrangé les choses). Heureusement le vent souffle bien, et dans une direction favorable qui nous permet de prendre presque directement la direction des Açores, au lieu de faire un grand tour vers les Bermudes comme il était prévu initialement.


J7 - le mal de mer a maintenant complètement disparu, à peu près en même temps que le vent. Axel profite du calme pour faire le premier pain de la traversée, moi pour faire cramer le gâteau au chocolat cuisiné avec les derniers grammes du paquet de 3kg emmené de France. Toujours dans le domaine culinaire, on mange notre dernière noix de coco avec émotion, cette fois les tropiques c'est bien fini...
10-06-18 - ordiJ8 - Les grains continuent, il pleut et une des pièces du régulateur d'allure casse régulièrement. Axel est obligé de sortir à chaque fois pour aller la rafistoler avec du fil de fer, il commence à craquer et parle avec insistance de Panama ("les cocotiers, c'est vers l'ouest, il est encore temps de faire demi-tour!").
Il fait de plus en plus froid et humide: on voit du moisi apparaître sur les objets en cuir et après huit mois à s'habiller uniquement pour des raisons de convenance il faut à nouveau sortir les polaires et dormir sous la couette. C'est dur pour le moral...


J11 - Le soleil revient enfin, le vent tourne et on est maintenant au travers, mais l'allure reste confortable et le moral remonte, d'autant plus que la batterie du bord charge très bien. On peut maintenant utiliser sans problème les ordinateurs pour changer de la lecture et on commence à regarder des films régulièrement. On en profite pour faire notre culture du cinéma français des années 50-60 (Gabin, Belmondo, Lino Ventura...). En effet ce sont les films sur lesquels on se met le plus facilement d'accord, Axel n'étant pas très chaud pour les films noirs des années 40 et moi pas très enthousiasmée par les films mille fois vus qu'Axel propose à chaque fois (certes, on n'a vu crocodile dundee 2 que deux fois, mais bon...).
J12 - J14 :  le temps se maintient, on avance bien, et on croise plein de cargos.


10-06-18 - calmeplatJ14 - le vent tombe et nous ralentissons sensiblement, mais on continue à avancer et la batterie charge toujours aussi bien car nous sommes encore au travers. Les fichiers gribs que nous avons récupéré nous indiquent une zone de calme devant nous et nous bifurquons vers le nord pour la traverser le plus vite possible.
C'est la fin de la deuxième semaine de navigation et nous entamons notre paquet de viande fumée, ce qui ouvre une période d'une semaine extrêmement faste du point de vue culinaire: le temps plutôt calme et l'allure confortable sont propices à la cuisine, Axel en particulier se sent très inspiré et nous mitonne de bons petits plats, avec diverses sauces et accompagnements. Je contribue un peu mais mes versions sont tout de même moins élaborées.
J16 - Le vent revient!
Nous avons fini notre stock de pamplemousses depuis un petit moment et nous passons à la vitamine C en pastilles. Pas qu'on ait un grand besoin d'énergie, mais ça ne peut pas faire de mal...


10-06-18 - couchersoleilJ17 - on abat un peu pour faire un peu plus d'est et reprendre la direction des Açores (ça y est, je parle comme une navigatrice).
Nos activités se suivent et se ressemblent: beaucoup de lecture et pas mal d'ordinateur (je me suis mise en tête d'apprendre le PHP au cas où je veuille me reconvertir en web-designeuse, ça occupe), mais aussi: scrabble, cuisine, films, contemplation de cargos et de couchers de soleil, dessin de petites croix et petits traits sur la carte pour suivre notre progression,  étude attentive des fichiers météo, et quelques manoeuvres de temps en temps.
J18 - on croise pour la première fois du trajet des dauphins, un grand groupe d'une espèce assez grosse, avec une rayure blanche sur le côté. Malheureusement, ils viennent surtout le soir, à l'heure où il n'y a plus de soleil et on est un peu moins motivés pour rester à les regarder dans le vent et le froid.


J21 - Après plusieurs jours de bon vent, nous sommes enfin passés sous la barre des 500 miles restant à faire! Mais la météo s'annonce moins favorable que ces derniers jours, avec un vent plus faible et franchement est, ce qui va nous obliger à faire du près. Le skipper émet l'idée d'aller directement au Portugal, ce serait bien plus pratique avec le vent prévu, mais l'équipage se rebelle et on maintient l'objectif initial.
10-06-18 - tableacartesJ22 - Comme prévu, on avance de moins en moins vite, et en plus il se remet à y avoir des nuages. Premier contact vocal avec le monde extérieur depuis le départ: on discute via la VHF avec un voilier qui apparaît à l'horizon. Comme ça, on peut se lamenter de concert sur le manque de vent et comparer nos itinéraires.
J23 - Comme prévu, on est au près, ce qui est franchement inconfortable, mais maintenant on est des durs et on n'a même pas le mal de mer (même pas moi). La traversée commence à se faire longue, Axel connaît par coeur le Réponses Photos et le Cheval Magazine achetés avant de partir, et il commence même à bien connaître Glamour et Cosmopolitain, c'est dire si la terre se fait attendre.


J24 - On est toujours au près, la qualité de la cuisine baisse avec le degré de gîte et on vient de terminer notre dernier paquet de galettes saint-Michel. Il est temps qu'on arrive...
J25 - La météo annonce un vent de sud-est pour les prochains jours, ce qui veut dire que non seulement on va continuer au près, mais en plus le mouillage que l'on visait sur l'île de Flores, tout à l'ouest des Açores, ne sera pas du tout protégé du vent ni de la houle. Le skipper décide donc, avec le support réticent de l'équipage, de continuer jusqu'à l'île de Faial, où il y a une baie très bien abritée. Cela nous rajoute donc un jour de navigation, ce qui peut paraître insignifiant par rapport à la quantité de jours déjà passés en mer mais ça fait mal au moral. Il faut doubler le nombre de miles restant à parcourir (suivi avec atention et espoir depuis plusieurs jours) et effacer la petite croix que je venais de faire (la veille) sur mon itinéraire.


10-06-18 - lectureJ26 - Finalement, notre nouvelle destination ne va pas nous ajouter un jour, mais deux: le vent est de plus en plus faible, on a du mal à dépasser les deux noeuds, et encore, pas toujours dans la bonne direction. Axel râle beaucoup, heureusement on prend un petit poisson juste pour le repas du soir et ça améliore un peu son humeur. Deuxième nuit de veille pour surveiller les éventuels pêcheurs et pour ne pas se précipiter sur la terre qui est proche, au cas où le vent se lèverait tout d'un coup (peu probable, mais ce serait vraiment bête).
J27 (16 juin) - On avance toujours lentement, mais il n'y a plus que 20 miles à faire et vers 14h20 nous jetons l'ancre dans la baie de Horta. On aurait bien jeté les amarres, mais la marina est pleine. Notre premier geste (après avoir fait les formalités et testé le wifi): aller faire quelques courses et se faire des tartines de pain et de beurre. C'est l'avantage des pays (relativement) froids: on peut conserver du beurre hors du frigo sans craindre qu'il ne se liquéfie instantanément.


Au programme des prochains jours: quelques balades pour se réhabituer à marcher, orgie de fruits et légumes et ensuite on visitera peut-être un peu...

Partager cet article

Repost0
24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 22:24

Le mot qui caractérise le mieux notre traversée depuis les îles du Salut jusqu'aux Grenadines est : interminable. La semaine prévue, qui nous paraissait pourtant une estimation plutôt pessimiste, s'est transformée en dix longs jours.

Tout s'est ligué contre nous:
-  Pas de vent - les alizés qui étaient censés nous pousser sur une partie du trajet étaient probablement trop fatigués de leur longue traversée de l'Atlantique: on a eu si peu de vent qu'il a fallu sortir le génois léger puis le spi et même comme ça on n'a pas dépassé les 3 noeuds (sachant que la vitesse de croisière de Coyotico est autour de 5 noeuds, c'est assez lamentable).
- pas de poisson - on en a vu plein mais aucun n'a daigné goûter à nos leurres,
- un stock de livres réduit à peau de chagrin - il nous reste les mille pages de "Mythologie comparée" et quelques classiques-qu'il-faut-qu'on-lise-mais-qui-n'ont-pas-l'air-marrant-du-tout,
10-04-24 - palmisland- et pas de batteries - sans vent et avec un petit panneau solaire, nous nous sommes retrouvés à nous laver les dents à la lueur de la lampe frontale et à devoir choisir entre le GPS et le feu de mat. Et inutile de dire que les ordinateurs sont restés éteints pendant tout le trajet (mais je suis fière d'annoncer que j'ai survécu sans séquelles à ce sevrage forcé).
... pour la première fois le désoeuvrement s'est invité à bord de Coyotico.

Le bon côté, c'est qu'après dix jours à dormir treize heures par nuit (forcément, sans batterie, quand il fait noir on est obligés de dormir) on est en pleine forme pour aborder les activités intenses qui nous attendent aux Antilles: baignade, bronzage, plongée... Les Grenadines, avec leur eau transparente, les plages de sable blanc, les récifs de corails et les cocotiers nous mettent dès maintenant dans l'ambiance "farniente tropical"...

Partager cet article

Repost0
1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 19:35

2010-04-01 - pluieLa navigation de João Pessoa à Kourou s'est faite sous les nuages: nous avons dit adieu aux grands ciels bleus du Brésil et sommes rentrés dans une zone de grains, avec rafales, pluies diluviennes et vents relativement faibles. Moins agréable, cela a tout de même permis à Axel de manoeuvrer un peu plus que pendant la traversée de l'Atlantique : prendre des ris, larguer des ris, mettre le tangon, enlever le tangon...  Sans oublier: ouvrir les capots et les hublots, fermer les capots et les hublots au gré des averses.
 
A part cela, nos occupations ont été celle de toute traversée: lecture, repas, sieste, pêche, contemplation de l'horizon ou des étoiles selon l'heure de la journée. Nous avons d'ailleurs vu disparaître progressivement la constellation de la croix du sud, qu'on a définitivement perdue au milieu de la traversée lorsque nous sommes revenus dans l'hémisphère nord.
2010-04-01 - thonLe seul évènement marquant est dû à la pêche, puisque nous avons réussi à attraper un énorme thon, si gros qu'il a fallu se mettre à deux pour le remonter à bord. Il nous a nourrit pendant quelques jours, mais malheureusement le temps trop humide ne nous a pas permis de le faire sécher convenablement et il a fallu en jeter une bonne partie. Pour la prochaine traversée, c'est promis, on répare la cocotte et on fait des conserves.
 
Bref, malgré le temps irrégulier la navigation a été plutôt paisible (même si relativement lente, bien qu'on ait eu du courant favorable), même de mon point de vue car nous avons eu du vent arrière pendant la majeure partie, ce qui est une allure particulièrement confortable.
 
2010-04-01 - ilessalutL'arrivée à Kourou, par contre, a été un peu plus sportive. Le vent est devenu suffisemment fort pour qu'on sorte le foc 1 (pour la première fois depuis notre départ) et dès le petit matin, Axel m'avait préparée au pire en m'expliquant la difficulté de naviguer avec un vent fort, une mer hachée, des vagues qui déferlent, du courant, des fonds peu profonds et des bancs de sables un peu partout. Il a conclu en disant "et si on part au surf et que le bateau met le mat dans l'eau, accroche-toi bien même si tu as l'impression qu'il ne va jamais se relever". Gulp. Autant dire que malgré la très faible probabilité de cette éventualité j'étais très motivée pour faire des allers-retour toutes les trois minutes entre la table à carte et le cockpit pour étudier avec attention la carte et diriger le plus précisément possible Axel, qui était à la barre.
Nous sommes tout de même arrivés à bon port sur la rivière Kourou, où nous nous sommes mis au mouillage faute de place au ponton. Pour fêter l'occasion, nous avons même rangé notre drapeau français tout délavé et tout déchiré et accroché un flambant neuf.
 
2010-04-01 - kourouMais pour nous qui nous attendions a retrouver la civilisation dans le centre économique de Guyane française, la déception a été grande: de la rivière on ne voit que de la mangrove et des arbres, quelques bateaux qui rouillent au ponton ou qui se décomposent dans la vase qui borde la rivière, et un ou deux bâtiments bas qui auraient l'air un peu miteux même au Brésil. Pire encore, on ne capte pas un seul wifi du bateau! Le lancement de la fusée Ariane d'ici paraît comme une vaste blague (c'est sûr, ils n'ont que des studios de cinéma et c'est Kubrick qui a filmé les lancements).
Mais tout ceci n'est qu'une impression depuis le mouillage, il est probable qu'une fois à terre l'apparence de la ville sera différente (d'ailleurs, si vous lisez ceci c'est qu'il y a au moins un café internet, tous les espoirs sont permis!)

 

 

2010-04-01 - drapeau

Partager cet article

Repost0
10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 13:39
Nous voici enfin arrivés à João Pessoa! Car non, nous n'avons pas fait la grève du blog au mois de mars, c'est juste qu'étant en pleine mer il nous était matériellement impossible de donner des nouvelles.

La traversée devait durer une petite semaine mais nous avons voulu faire durer le plaisir et nous avons préféré la faire en dix jours, et au près parce que le vent dans le dos c'est vraiment trop facile.

10-03-10 - traverseePremière partie: la longue déroute (de dimanche 28 février à mercredi 3 mars)

Notre stratégie initiale, qui était de longer la côte vers le nord s'est avérée impraticable, avec le courant contre nous et un vent de plus en plus faible. Quand on a commencé à reculer vers le sud, on s'est dit qu'il était temps de changer de tactique et nous nous sommes résignés à nous éloigner de la côte. Le vent étant faible voire inexistant, il nous a fallu faire trois jours de zigzags pour réussir à s'éloigner suffisemment vers l'est. On a gagné également quelques milles vers le sud par la même occasion, ce qui n'était pas exactement la direction souhaitée, mais avec le vent en face on ne fait pas toujours le cap qu'on veut.

Progression vers l'est: 277 miles (sur 220 à faire)
Progression vers le nord: 87 miles (sur 350 à faire)
Voiles: grand voile et génois léger
Mal de mer: (sur une échelle de 0 - chouette je peux faire la cuisine sans aller regarder l'horizon toutes les cinq secondes; à 10 - vite, un seau): 6 descendant à 3 en fin de période
Moral: de mieux en mieux pour moi, car le temps calme a favorisé la diminution du mal de mer, de pire en pire pour Axel que notre progression chaotique et l'absence de vent a fait beaucoup rager, et qui a dû barrer à la place du régulateur d'allure lorsque le vent tombait trop.

Deuxième partie: un long bord vers le nord (jeudi 4 à mardi 9)

Au bout d'un moment nous avons fini par trouver un peu de vent, et dans une direction qui nous a permis d'aller jusqu'à João Pessoa sans faire de zig-zags supplémentaires (d'un seul bord, diront les spécialistes) - mais toujours au près, il ne faut pas trop en demander. Le vent s'est maintenu assez fort, ce qui nous a permis de faire le reste du trajet, certes couchés, mais en un temps record (enfin, surtout quand on compare à l'allure de tortue ivre à laquelle on avait marché jusque là).

10-03-10 - arrivee a joao pessoaProgression vers l'est: - 57 miles
Progression vers le nord: 263 miles
Voiles: grand voile avec un ou deux ris, et génois lourd arisé, ou non selon la force du vent.
Mal de mer: 8 se stabilisant à 5 en fin de période.
Moral: de mieux en mieux pour Axel, rendu tout guilleret par notre vitesse, et insensible à l'inconfort du près. Le mien a été plutôt affecté par la recrudescence du mal de mer, moi qui commençait à me dire que finalement le près ce n'est pas si terrible que ça, j'ai été très déçue.


Nous avons terminé en beauté par une magnifique manoeuvre de mouillage à la voile, ce qui a épaté tous nos voisins de mouillage, qui ont plutôt l'habitude de voir les voiliers mouiller au moteur. D'ailleurs, tous ceux qu'on a croisé sur le chemin des douches ont commencé les présentations par un "ah, c'est vous qui êtes arrivés à la voile!" admiratif. Evidemment, quand on leur a expliqué que notre obstination à ne pas utiliser le moteur a doublé notre temps de trajet ils ont eu l'air de trouver ça moins admirable. On ne peut pas tout avoir...

Partager cet article

Repost0
6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 13:06

Suite aux nombreuses demandes d'une foule enthousiaste, voici une petite note "technique" sur notre traversée de l'Atlantique entre Gibraltar et Salvador de Bahia.


Pour les non initiés, et afin de démystifier la chose, l'idée générale consiste à s'éloigner un peu de la côte du Maroc en allant vers l'ouest pendant quelques jours. Ensuite, faire du sud jusqu'à rencontrer des orages (c'est le pot au noir). Quand les orages sont finis, faire du sud ouest pour arriver au Brésil. Et voilà, ça y est, vous y êtes, vous pouvez enfin siroter votre Caipinrinha à une terrasse ensoleillée. La réalité est à peine différente de ces quelques lignes, mais je vais quand même essayer de détailler.


L'océan Atlantique n'est pas très fréquenté, mais ce serait quand même dommage de se faire couler par un cargo. A l'approche des côtes, il faut veiller attentivement, en particulier à cause des  pêcheurs qui sont mal ou pas éclairés. Nous avons toujours dormi l'esprit tranquille au large grâce à notre détecteur de radar Mer-Veille qui nous a bien aidé en buzzant (fortement) à l'approche de tout navire possédant un radar. En pratique ça veut dire tout le monde à l'exception des pêcheurs qui ne naviguent qu'à la journée.


L'eau


En ce qui concerne la consommation d'eau douce, elle a été tout à fait réduite. En terme de boisson,  nous avons consommé environ 20L par semaine à  nous deux sous les tropiques. Ca ne fait jamais que 1,5L par jour et par personne. Cette eau était celle du réseau en Espagne, à Madère et aux Canaries. Depuis le Cap Vert, on achète des bidons de 5L, pour plus de sécurité. Pour faire cuire le riz et les pâtes, ainsi que pour l'eau bouillie (on boit exeptionnelement un thé ou un café), on utilise l'eau des soutes, qui est remplie aux robinets de nos diverses escales. On n'a jamais eu le moindre souci jusqu'à présent. Pour la cuisson, on ajoute environ 1/4 d'eau de mer qui apporte le sel, et sans doute quelques oligo éléments. Au delà, ça devient vraiment très salé ! Pour la vaiselle, on a toujours fait la vaiselle à l'eau de mer en rinçant ensuite à l'eau douce. Pour une vaiselle normale on consomme environ 0,75L d'eau douce. Après il y a un peu d'eau utilisée pour se brosser les dents et faire sa toilette. On utilise aussi l'eau des soutes pour se doucher quand il fait beau, chaud et que ça ne secoue pas trop ! Sachant qu'on a 200L d'eau dans nos réservoir et plus de 150 L en bidons, en utilisant l'eau avec parcimonie, on a une belle autonomie.


Le fioul


Pour rester sur les liquides, parlons du fioul. Entre Gibraltar et Salvador, on n'a fait que les entrées/sorties de port au moteur, à quelques exceptions près, et nous sommes arrivés à Bahia avec le réservoir et les bidons de réserve complets. Le moteur est surtout pratique pour se dégager de la côte la nuit, et éviter de veiller en stressant. On s'en est servi à La Gomera aux Canaries, et sous le vent de l'île de Brava au Cap Vert.


Les batteries


On a une consommation électrique assez faible. Seul le GPS est branché en permanence. On allume le PC une fois par jour pendant 10 minutes au large, pour se faire plaisir en calculant nos moyennes et le temps qu'il nous reste. En pratique on pourrait se contenter de l'allumer juste à l'arrivée, mais  on aime bien faire des statistiques ! Comme on vit avec le soleil, on utilise assez peu l'éclairage du bord pour nos lectures. Peut être une heure par jour. Pour les feux de position, on utilise un feu de tête de mât LED blanc à 360° . Ce n'est pas très légal, mais on est sûr que tout le monde nous voit. De plus par rapport à un cargo qui file à 25 noeuds, nous sommes quasimment immobiles. Si jamais un bateau s'approche sans qu'on ait réussi à déterminer sa trajectoire et qu'on estime qu'il y a un risque, alors on allume nos feux réglementaires verts, rouges et blancs. Mais bon, vu le monde de bateaux croisés hors d'Europe, on n'a pas eu à trop stresser de ce point de vue.


Au sujet de la navigation


On avait les routières au format papier : de Lisbonne à Freetown, puis de Recife à Dakar. Pour les arrivées, on avait la cartographie électronique détaillée sur le PC, ce qui est extrêmement pratique. Le seul inconvénient c'est que ça consomme de la batterie.


Concernant les voiles, on a fait à peu près 70% de la traversée avec le génois lourd arisé. Pour la grande voile, on ajustait avec 1 ou 2 ris, ou même sans grande voile quand on était dans les alizés de Nord Est. On n'a pas sorti le génois léger depuis Madère. Dans les Alizés de NE on oscille entre grand largue et vent arrière, et on gardait le génois tangonné et une retenue de bôme dans la grande voile. Après le pot au noir, on passe travers, c'est moins confortable, mais les moyennes journalières sont toujours aussi bonnes.


On a toujours récupéré la météo en fichiers gribs aux escales. Comme dans les alizés le temps ne change pas trop, on ne s'est pas vraiment préoccupés de la récupérer, à l'exception d'avant la traversée du pot au noir, pour choisir le meilleur endroit où passer. On a en fait mis un peu d'Est dans notre Sud après Mindelo, mais c'était surtout pour ne pas être trop près du vent arrivés dans les alizés de SE.

Partager cet article

Repost0
25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 19:02

Nous voici (enfin) arrivés (depuis hier, précisément) à Fernando de Noronha, archipel au Nord-Est du Brésil et première étape de notre visite de l'hémisphère sud.
Car ça y est, nous avons traversé l'équateur! Le passage de cette ligne mythique (qui ne change cependant pas fondamentalement le paysage) a eu lieu le 21 novembre peu après le lever du soleil, mais nous ne l'avons fêté que le lendemain à cause de la houle un peu trop marquée pour prendre l'apéro sereinement (surtout de mon côté).


Eh oui la longueur de la traversée ne me dispense pas des soucis du mal de mer, qui est variable selon les jours (et la hauteur des vagues) mais ne disparaît jamais vraiment. C'est donc encore une fois Axel qui s'est occupé des manoeuvres et de la cuisine, même si j'ai (héroïquement) fait la vaisselle plusieurs fois.


Ce phénomène n'a pas été arrangé par les températures étouffantes qu'on a eues tout au long de la traversée: nous avons découvert la chaleur de l'équateur, celle qui oblige à faire la sieste entre midi et la fin de l'après-midi, qui fait tourner le lait UHT dans la journée et qui pose le dilemme suivant: chaleur torride sur le pont, ou chaleur moite dans la couchette? Bref nous avons pensé avec émotion à la pluie et aux températures du mois de novembre à Paris, il y a des jours où on aurait presque fait l'échange.


Côté navigation, les alizés du nord-est nous ont accompagnés pendant les cinq premiers jours de la traversée, et nous n'avons eu que deux jours d'interruption avant de retrouver les alizés du sud-est. Le fameux pot-au-noir s'est avéré moins problématique que prévu puisque nous n'avons pas eu de calmes plats, seulement beaucoup de grosses averses (les premières depuis Gibraltar!), des éclairs d'altitude et du vent plus irrégulier que sous les alizés. Rien d'insurmontable donc, au contraire cela nous a fait apporté un peu de fraîcheur et des réserves d'eau douce supplémentaire.


Côté activités, Axel a continué la pêche et ses expérimentations culinaires, ainsi il y a des filets de poisson salés qui se baladent dans le cockpit en fonction de l'ensoleillement et des assiettes pleines de bouts de bananes qui apparaissent au gré du mûrissement du régime acheté au Cap Vert. Il a également testé la recette de la marinade de filets de poisson dans du citron, ce qui a été une grande réussite.
La pêche a été moins fructueuse puisque hormis quelques prises au début de la traversée tous les poissons pêchés avaient des curieuses boursouflures blanches dans leurs filets et on a préféré les rejeter à l'eau. On a fini par arrêter la pêche et on a s'est contentés de maquereaux et de thon en boîte, c'est moins exotique mais plus sûr.

A part ça, la majeure partie de nos journées hors sieste et repas a été consacré à la lecture et au cinéma (petit format), sauf quand un évènement inhabituel rompait la routine (par exemple, le passage d'un cargo de conteneurs non loin de nous nous a bien occupés une bonne demi-heure). Nous avons également bien avancé dans nos leçons de portugais (me chamo jeanne, aqui tem meu pasaporte, não tenho nada a declarar. Por favor, pode me dizer onde fica o cibercafe mais perto?).


Malgré toutes ces activités variées et passionnantes, nous avons attendu avec impatience l'apparition de l'archipel de Fernando de Noronha, qui ne sera malheureusement qu'une courte escale avant de repartir vers le continent et plus précidément Salvador de Bahia. En effet, les taxes journalières de séjour et de mouillage sur l'île sont telles que nous prévoyons de repartir dès ce soir.
Courage, il ne reste plus que 600 miles avant Bahia!

 

Partager cet article

Repost0
5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 20:33

Les deux premiers jours ont été durs pour le moral d'Axel, les alizés brillant encore par leur absence. C'est tout un monde de certitudes météorologiques qui s'écroule! Heureusement, à partir de jeudi (30) dans la nuit le vent a commencé à souffler, dans la bonne direction, suffisemment fort et suffisemment longtemps pour nous permettre de parcourir relativement rapidement les 850 milles qui nous séparaient du Cap Vert.

En ce qui me concerne, j'ai découvert que le comportement d'un bateau sur mer houleuse ressemble fâcheusement à celui d'un petit train sur une montagne russe (le roulis en plus), et donc mon moral est inversement proportionnel à la hauteur de creux des vagues. Mais bon, comme ça il y en a toujours un de nous qui est content...



La traversée a été rythmée par les diverses tentatives d'Axel pour pêcher. Longueur de la ligne, forme du leurre, poids du lest, tous les paramètres ont été testés. Mais ni poulpy-v1 (le leurre artisanal en sac en plastique jaune Gibert), ni poulpy-v2 (deuxième leurre artisanal, à base de laine cette fois), ni poulpinet (le leurre industriel) n'ont eu beaucoup de succès puisqu'on n'a réussi à ramener qu'un petit poisson jaune, bien loin des grands poissons qui sont censés fréquenter les eaux du large. Du coup Axel a provisoirement abandonné son activité de pêcheur et est passé à la cueillette des poissons volants qui ont le bon goût de s'échouer sur le pont et dans le cockpit pendant la nuit. Facile et efficace...
Ce n'est qu'avec le leurre "cuillère", testé en toute fin de traversée, qu'on a finalement réussi à pêcher plusieurs dorades coryphènes, qui ont avantageusement remplacé le thon en boîte pour les derniers repas avant l'arrivée.




Maintenant on est arrivés et il va quand même falloir qu'on termine notre dernière dorade (qui devrait pouvoir nous faire encore au moins quatre repas) avant de tester le marché aux poissons de Mindelo, voire même, qui sait, acheter de la viande...

 

Partager cet article

Repost0
15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 20:17
Nous sommes arrivées à Ténérife, dans l'archipel des Canaries, mercredi après une traversée sans histoire mais avec un peu de vent.

J'en tire cependant quelques enseignements importants:
1. Il suffit de cinq jours d'escale pour se "désamariner", c'est à dire se déshabituer des mouvements du bateau. C'était la mauvaise surprise de la traversée.
2. Il me faut pas loin de trois jours pour m'amariner à nouveau (sur une traversée de 72 heures, c'est un peu agaçant).
3. Contrairement à toute attente, les knackis en boîte, c'est bon! Certes, le fait de n'avoir pu manger que du pain les deux jours précédant ce repas a peut-être influencé mon jugement, mais ce sera sur la liste du prochain avitaillement pour les repas "début de traversée".

En attendant nous allons visiter Santa Cruz de Tenerife (d'ailleurs, bonne nouvelle, cette fois le Corte Inglés n'est pas à l'autre bout de la ville et on va pouvoir refaire notre stock de turron).

Partager cet article

Repost0

Archives

Catégories

Liens